Abstract
Umbilical endometriosis (EO) is a condition characterized by the presence in the ectopic situation of endometrial
structures. Through an observation we want to highlight the clinical and paraclinical imagery of the condition and the
modalities of its management in the light of a review of the literature. We report the case of EO in a 41-year-old woman
with no significant pathological history, admitted for a painful umbilical tumor of 4 years. It measured 6 by 4 cm, very
painful, surfaced with macronodules and hypo and hyperpigmented micronodules in clusters that sit on the mobile
umbilical region of firm consistency sensitive to palpation and which increases in volume at the time of menstruation.
It was imaged on ultrasound and in particular on a CT scan with a radioclinic diagnostic approach, showing a fairly
homogeneous tissue wall mass in contact with the peritoneum without infiltration and without abdominal and pelvic
abnormalities, with benign characters, compatible With EO confirmed by histopathology. Data from the literature
confirm primary umbilical localization; the clinical, radiological, histopathological and cyclic symptomatology make
it possible to evoke the diagnosis in order to establish an adequate and often effective therapeutic strategy.
All cases
of EO should be clinically and paraclinically documented to aid in positive and differential diagnosis and
to successfully complete tumor resection.
Key words: Endometriosis; Umbilical; Clinical; Imaging; Histopathology; Surgery
How to cite this article: Andonaba JB, Nikiema Z, Konsegre V, Diallo B, Konate I. Umbilical endometriosis: anatomo-clinical presentation, imaging aspects and
therapeutic attitude. Our Dermatol Online. 2017;8(3):336-340.
Submission: 06.03.2017; Acceptance: 16.05.2017
DOI: 10.7241/ourd.20173.96
2XU'HUPDWRORJ\2QOLQH
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Endométriose ombilicale: Présentation
anatomoclinique, aspects en imagerie et attitude
thérapeutique
Jean-Baptiste Andonaba
1,4
, Zakari Nikiema
2,4
, Valentin Konsegre
3,4
, Boukary Diallo
1,4
,
Issouf Konate
1,4
1
Department of Dermatology and Venereology, Sourô Sanou University Teaching Hospital of Bobo-Dioulasso (CHUSS)
Polytechnic University of Bobo-Dioulasso (UPB), Higher Institute of Health Sciences (INSSA), Burkina Faso,
2
Department of
Imaging and Radiodiagnosis, Sourô Sanou University Teaching Hospital of Bobo-Dioulasso (CHUSS) Polytechnic University
of Bobo-Dioulasso (UPB), Higher Institute of Health Sciences (INSSA), Burkina Faso,
3
Department of Pathological Anatomy,
Sourô Sanou University Teaching Hospital of Bobo-Dioulasso (CHUSS) Polytechnic University of Bobo-Dioulasso (UPB) ,
Higher Institute of Health Sciences (INSSA), Burkina Faso,
4
Sourô Sanou University Teaching Hospital of Bobo-Dioulasso
(CHUSS) Polytechnic University of Bobo-Dioulasso (UPB) , Higher Institute of Health Sciences (INSSA), Burkina Faso
Corresponding author: Prof. Jean-Baptiste Andonaba, E-mail:
[email protected]
RÉSUMÉ
L ’endométriose ombilicale (EO) est une affection caractérisée par la présence en situation ectopique, de structures
endométriales. A travers une observation nous voulons mettre en exergue l’imagerie clinique et paraclinique de l’affection
et les modalités de sa prise en charge à la lumière d’une revue de littérature. Nous rapportons un cas d’EO chez une
patiente de 41 ans, sans antécédents pathologiques notables, admise pour une tumeur ombilicale douloureuse évoluant
depuis quatre ans. Elle mesurait 6 sur 4 cm, très douloureuse, à surface truffée de macronodules et de micronodules hypo
et hyperpigmentés en grappe qui siège sur la région ombilicale, mobile, de consistance ferme, sensible à la palpation
et qui augmenterait de volume au moment des menstruations. Elle a été imagée à l’écho graphie et notamment au
scanner avec une approche diagnostique radioclinique en montrant une masse pariétale ombilicale de tissulaire assez
homogène, en contact avec le péritoine sans l’infiltrer et sans anomalie intra abdominale et pelvienne, à caractères
bénins, compatibles avec une EO confirmée à l’histopathologie. Les données de la littérature confirment la localisation
ombilicale primitive; l’aspect clinique, radiologique, histopathologique et la symptomatologie cyclique permettent
d’évoquer le diagnostic afin d’établir une stratégie thérapeutique adéquate et souvent efficace. Tout cas d’EO devrait
être documenté sur le plan clinique et paraclinique pour aider au diagnostic positif et différentiel et réussir la résection
totale de la tumeur.
Key words: Endométriose ombilicale; Clinique; Imagerie; Histopathologie; Chirurgie
How to cite this article: Andonaba JB, Nikiema Z, Konsegre V, Diallo B, Konate I.Endométriose ombilicale: Présentation anatomoclinique, aspects en imagerie
et attitude thérapeutique. Our Dermatol Online. 2017;8(3):336-340.
Submission: 06.03.2017; Acceptance: 16.05.2017
DOI: 10.7241/ourd.20173.96
Introduction
L ’endométriose est une affection caractérisée par
la présence en situation ectopique, de structures
endométriales présentant les caractères histologiques
et biologiques de l’endomètre, mais qui en restent
séparées anatomiquement. Elle affecte les femmes
en période d’activité génitale. Les localisations de
l’endométriose sont par ordre de fréquence: pelvienne
(80 à 90 %), digestive (5 à 15 %) et urinaire (2 à 4 %).
L ’atteinte cutanée ne représente que 0,5 à 3,5 % et
siège électivement dans les cicatrices de laparotomies
en particulier après hystérectomie; des localisations
spontanées au niveau de l’ombilic ont été rapportées de
façon exceptionnelle [1,2]. L ’endométriose ombilicale,
connue sous le nom de nodule de Villar, est une rare
manifestation extrapelvienne de l’endométriose.
On estime qu’il s’agit d’une présentation primaire
ou métastatique de l’endométriose ou qu’elle est
provoquée iatrogéniquement par une chirurgie menée
Case Report
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au préalable [1]. Parmi ses symptômes, on trouve
la douleur cyclique, l’enflure ou le saignement issu
d’un nodule ombilical décoloré [3]. A travers une
observation d’endométriose cutanée nous voulons
mettre en exergue l’imagerie clinique et paraclinique
de l’affection et les modalités de sa prise en charge à
la lumière d’une revue de littérature
CASE REPORT
Mme OM, âgée de 41 ans, ménagère sans antécédents
pathologiques notables notamment pas de manœuvres
endo-utérines obstétricales, ni de césarienne, ni
d’autres interventions pour kyste ou fibrome, a
consulté le 20/05/2016 pour une tuméfaction ombilicale
douloureuse qui évoluait depuis quatre ans. Cette
tumeur serait très douloureuse et augmenterait de
volume au moment des menstruations.
L ’examen clinique a retrouvé une tumeur grossièrement
ovalaire de 4 sur 6 cm environ de diamètre, à surface
truffée de macronodules et de micronodules hypo et
hyperpigmentés (bleus foncés) en grappe siègeant
sur la région ombilicale, mobile par rapport au plan
superficiel et profond, de consistance ferme, sensible
à la palpation (Fig. 1).
L ’échographie abdominale a objectivé un processus
occupant l’ombilic, mesurant environ 57x35 mm
(a, b, étoile), qui est tissulaire, échogène rendu
hétérogène par la présence de microcalcifications
et petites logettes kystiques, induisant un discret
renforcement postérieur des échos (Figs. 2a et 2b). Il
n’a été observé d’infiltration du péritoine pariétal et
d’anomalie abdomino-pelvienne associée.
Le scanner de l’abdomen a confirmé la présence de
la masse pariétale ombilicale de 58x49x38mm qui
est tissulaire assez homogène, de 24 UH en contraste
spontané avec une prise de contraste croissante à 63
UH sur la série tardive, témoignant de son caractère
vasculaire. Elle est exubérante et extériorisée à la paroi
antérieure, peu infiltrative sur la graisse sous cutanée,
en contact avec le péritoine sans l’infiltrer et sans
anomalie intra-abdominale et pelvienne (Figs. 3a – 3e).
L ’histopathologie a confirmé le diagnostic en montrant:
coexistence de glandes endométriales bordées par un
épithélium cylindrique et de stroma endométrial fait
de petites cellules rondes et d’un réseau vasculaire
étendu (Fig. 4).
Figure 1: Nodule de Villar ou endométriose ombilicale: Tumeur
ombilicale à surface criblée de multiples nodules bleus foncés et
hypopigmentés par endroits donnant l’aspect de grappe de raisin.
Le diagnostic d’endométriose ombilicale a été posé. La
recherche d’autres localisations s’est avérée négative;
l’examen gynécologique était normal. L ’intervention
chirurgicale fut décidée, et a consisté à réaliser une
tumorectomie guidée par les images scannographiques.
L ’exérèse chirurgicale a été associée à l’administration
des agonistes de la LH-RH qui permettent un contrôle
local de la maladie.
Discussion
Connue depuis longtemps, la localisation ombilicale
de l’endométriose est rare, sa fréquence difficile à
apprécier serait de l’ordre de 1% de l’ensemble des
localisations de la maladie. Notre patiente était âgée
de 41 ans. L ’âge moyen de survenue est de 35 à 40 ans,
elle est exceptionnelle avant 20 ans [4-6]. Notre cas ne
présentait aucun antécédent chirurgical confirmant le
Figure 2: Echo graph ie pariétale de l’ombilic réalisée avec des
sondes de 3,5 Mhz (a) et 7,5 Mhz (b) chez une patiente de
41 ans notait un processus occupant de l’ombilic mesurant environ
57x35 mm (a, b, étoile), qui est tissulaire, échogène rendu hétérogène
par la présence de microcalcifications et petites logettes kystiques,
induisant un discret renforcement postérieur des échos. Il n’a été
observé d’infiltration du péritoine pariétal (a, flèche) et d’anomalie
abdomino-pelvienne associée. a, b: coupes transversales.
b
a
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caractère primitif; en effet des cas similaires sont décrits
dans la littérature internationale [7]. La présentation
clinique habituelle consiste en une douleur très
vive localisée à type de brûlure superficielle: c’est le
cas de notre patiente; l’examen clinique trouve une
tuméfaction ferme, sensible à la palpation de volume
variable en fonction des menstruations observée par
d’autres auteurs [4]. Le caractère cyclique de cette
symptomatologie qui coïncide avec les menstruations
est fondamental et parfois suffisant pour évoquer le
diagnostic dès l’examen clinique [8]. Même si dans
notre cas il n’y avait pas de pathologie associée, il
est classique de rencontrer une lésion génitale ou
pelvienne associée [9]. Aujourd’hui, le mécanisme de
la maladie n’est pas totalement connu. On pense que
par une menstruation rétrograde, la muqueuse utérine
gagne la cavité péritonéale [10]. Mais aussi à la suite
d’interventions chirurgicales, des nidations extra-
utérines de cellules endométriales par la voie sanguine
ou lymphatique sont possibles. Les tissus cicatrisés
paraissent être particulièrement une cible pour ces
cellules. De ce fait, le nombril pourrait être vu comme
une cicatrice physiologique, avec une prédilection
particulière pour la muqueuse utérine ectopique. En
ce qui concerne la pathogenèse, on pourrait évoquer
une origine inflammatoire ou traumatique de la
métaplasie tissulaire [11]. Une dégénérescence maligne
est possible, mais rare [10]. Par principe, la région
ombilicale peut être le siège de processus totalement
différents, et le diagnostic de l’endométriose n’est
donc pas toujours simple à établir. Les symptômes en
relation avec le cycle menstruel peuvent ainsi l’orienter.
Plusieurs néoplasies bénignes ou malignes sont des
diagnostics différentiels possibles de l’endométriose,
ainsi que des processus inflammatoires, des fistules ou
des hernies. Parfois on note des hamartomes issus du
tissu résiduel embryonnaire [10]. Parmi les néoplasies
malignes, le mélanome nodulaire et notamment la
métastase ombilicale d’une tumeur intra-abdominale
dénommée «Sister Mary Joseph’s nodule» [12] doivent
toujours être pris en considération. Chez les femmes,
il s’agit en majorité d’une métastase ombilicale d’un
cancer ovarien. Chez les hommes, on trouve souvent
un adénocarcinome gastrique [13]. L ’imagerie a un
rôle important; l’échographie outre qu’elle permet de
préciser l’origine pariétale de la tumeur et ses rapports
avec les structures adjacentes, permet également
d’argumenter le diagnostic différentiel [10,12,13].
L ’IRM mieux que le Scanner montre les rapports entre les
muscles et la graisse sous-cutanée. Même si les aspects
en imagerie ne sont pas très spécifiques, l’échographie,
le scanner et l’IRM sont toujours utilisés pour aider
au diagnostic et préparer la résection chirurgicale.
Un examen IRM préopératoire est utile pour exclure
la possibilité d’une extension intra-abdominale de la
lésion car dans ce cas, l’éradication complète peut
seulement avoir lieu après ouverture de la cavité
abdominale [10]. L ’endométriose est une pathologie
œstrogène dépendante, d’où l’importance des
traitements médicaux inhibant l’activité de l’oestrogène
ou de sa production. La pharmacothérapie comporte la
prescription des contraceptifs oraux comme le danazol,
le GnRH-Analogue et la progestérone. A cause des
Figure 4: Epiderme à gauche, derme à droite, infiltré deglandes
endométriales.
Fig ure 3: Scanner abdomino-pelvien avec et avec injection.
Confirmation de la masse pariétale ombilicale de 58x49x38mm
(a, b, c, d, étoile) qui est tissulaire assez homogène, de 24 UH en
contraste spontané avec une prise de contraste croissante à 63 UH
sur la série tardive, témoignant de son caractère vasculaire. Elle est
exubérante et extériorisée à la paroi antérieure, peu infiltrative sur
la graisse sous cutanée (a, b, c, d, tête de flèche), en contact avec
le péritoine sans l’infiltrer (a, b, c, flèche) et sans anomalie intra-
abdominale et pelvienne (e). Coupes axiales: a (contraste spontané),
b (phase artérielle).Reconstructions sagittales: c, e (phase portale).
Reconstruction coronale: d (phase tardive). Ut: utérus; V: vessie.
d
c
b
a
e
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effets indésirables importants, l’utilisation pendant
une longue durée de danazol (propriétés androgènes et
anaboliques), de GnRH-analogues (pouvant provoquer
une hypo-oestrogénémie) et des contraceptifs oraux
(augmentant le risque d’infarctus myocardique et
thromboembolique) n’est pas recommandée [14].
Dernièrement, des effets positifs ont pu être observés
par l’application d’inhibiteur de l’aromatase, enzyme
clé dans la synthèse d’œstrogènes, en combinaison avec
des inhibiteurs de l’ovulation, soulagent apparemment
la symptomatologie douloureuse. D’autres thérapies
basées sur des modulateurs de récepteurs sélectifs
d’œstrogènes et de progestérone sont en cours
d’évaluation et paraissent prometteuses [7].
Conclusion
l’endométriose cutanée est une affection rare. La
localisation ombilicale pure de l’endométriose est rare car
il est souvent classique de retrouver une lésion génitale
ou pelvienne associée. L ’aspect clinique, radiologique et
histopathologique de même que la symptomatologie
cyclique permettent d’évoquer le diagnostic afin d’établir
une stratégie thérapeutique adéquate et souvent efficace.
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