975
SYNTHÈSE REVUESm/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
https://doi.or g/10.1051/medsci/2025225
médecine/sciences 2025 ; 41 : 9 75-85
médecine/ sciences
> L ’infarctus du myocarde est un problème
majeur de santé publique chez les femmes. Les
taux d’hospitalisation sont en augmentation,
en particulier chez les jeunes femmes.
Cette tendance est probablement liée à une
prévalence croissante des facteurs de
risque cardiovasculaires et à des maladies
spécifiques susceptibles d’augmenter le risque
d’infarctus du myocarde : ménopause précoce,
contraception œstroprogestative, endométriose
et radiothérapie thoracique pour cancer du
sein. D’un point de vue physiopathologique,
les femmes présentent des caractéristiques
distinctes de celles des hommes. Une proportion
plus élevée d’infarctus du myocarde sans
obstruction coronaire est observée chez la
femme, notamment, la dissection spontanée
des artères coronaires, qui peut parfois survenir
pendant la grossesse. Les femmes ont des
artères coronaires et radiales plus petites, avec
des tortuosités plus fréquentes, ce qui peut
compliquer les procédures interventionnelles.
De plus, la prise en charge de l’infarctus du
myocarde chez les femmes est inégale car : elles
ont tendance à consulter plus tard et sont donc
moins susceptibles de bénéficier de stratégies
invasives (revascularisation ou pontage aorto-
coronarien). En conclusion, l’infarctus du
myocarde chez la femme présente de nombreuses
spécificités cliniques et physiopathologiques.
Des efforts supplémentaires sont nécessaires
pour adapter les soins aux spécificités féminines
et garantir une prise en charge équitable.
Longtemps considérée comme une
maladie masculine, la maladie coronarienne constitue pourtant un
enjeu majeur de santé publique chez la femme. En France, les mala -
dies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité
féminine, les cardiopathies ischémiques étant en deuxième position
derrière les maladies cérébrovasculaires. L’infarctus du myocarde
est classé en deux grandes catégories selon l’aspect de l’électrocar -
diogramme (ECG) : le S TEMI ( ST-elevation myocardial infarction ou
syndrome coronarien aigu 1 avec sus-décalage du segment ST (ou SCA
ST+), caractérisé par une élévation persistante du segment ST 2 sur
l’ECG, traduisant une obstruction complète d’une artère coronaire, et
le NSTEMI ( non-ST-elevation myocardial infarction ou SCA ST-), sans
élévation du segment ST, mais avec d’autres anomalies de l’ECG et
une élévation des biomarqueurs cardiaques, corres -
pondant le plus souvent à une obstruction partielle
d’une artère coronaire [1] ( ).
Après standardisation sur l’âge, les taux d’hospitalisation pour infarc-
tus du myocarde restent inférieurs chez les femmes par rapport aux
hommes, celles-ci représentant entre un quart et un tiers des patients
admis (25 % pour les S TEMI et 30 % pour les NS TEMI) [2]. Cependant,
une augmentation préoccupante est observée chez les femmes de
moins de 65 ans. Entre 2008 et 2013, le taux d’hospitalisation pour
1 Le syndrome coronarien aigu (SCA) désigne un ensemble de conditions résultant d’une diminution bru -
tale du flux sanguin vers le cœur, causée par une obstruction partielle ou totale d’une artère coronaire. Il
regroupe trois entités cliniques : l’angor instable (SCA S T- troponine -), le NSTEMI (SCA ST- troponine +)
et le STEMI (SCA ST+).
2 Le segment S T est une partie de l’ECG qui représente le début de la repolarisation ventriculaire et
correspond à la phase de repolarisation lente en « plateau » des myocytes ventriculaires (ndlr).
1Fédération de cardiologie,
Hôpital de la Croix-Rousse
et Hôpital Lyon Sud, Institut
de cardiologie, Hospices Civils
de Lyon, Lyon, France.
2Service de Physiologie, Hôpital
Bichat, Assistance Publique
des Hôpitaux de Paris, Paris.
3Université Paris Cité, INSERM
U1148, LVTS, Paris, France.
4Université de Lyon, CREATIS,
CNRS UMR5220, INSERM U1044,
INSA-Lyon, Université Claude
Bernard Lyon 1, Lyon, France.
[email protected]
Particularités
de l’infarctus
du myocarde
chez la femme
Charlotte Deloziere1, Emmanuelle Vidal-Petiot2,3 ,
Pierre-Yves Courand1,4
Vignette (© Freepik)
Maladies cardiovasculaires
( ) Voir m/s n° 4,
2004, page 402
976
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
jusqu’au choc cardiogénique (correspondant à une
défaillance circulatoire aiguë, avec chute du débit
cardiaque en lien avec une dysfonction cardiaque
sévère) [8, 10].
L’infarctus du myocarde à « coronaires saines »
L’infarctus du myocarde dit « à coronaires saines »
ou MINOCA (myocardial infarction with non-obs-
tructive coronary arteries) désigne une ischémie 3
myocardique survenant en l’absence de sténose 4
coronaire significative observée au cours de la coro-
narographie. Cette entité concerne préférentielle-
ment les femmes et pose des défis diagnostiques et
thérapeutiques spécifiques.
La présentation clinique en cas de MINOCA est similaire
à celle d’un infarctus du myocarde par occlusion coro-
naire, la plainte principale étant la douleur thoracique.
Toutefois, il est plus fréquent chez les femmes : l’étude
VIRGO (variation in recovery: role of gender on outcomes
of young AMI patients) rapporte une prévalence cinq fois
plus élevée chez celles-ci (tableau 1) [11]. Les patientes
atteintes de MINOCA présentent souvent moins de fac-
teurs de risque cardiovasculaires traditionnels et moins
de modifications de l’électrocardiogramme [11, 12].
Les MINOCA peuvent être secondaires à : une rupture
de plaque athéromateuse sans occlusion artérielle, un
vasospasme coronaire, une dysfonction microvasculaire,
un embole 5 d’origine intracardiaque, une dissection
coronaire spontanée également appelée SCAD (sponta-
neous coronary artery dissection), ou encore un infarctus
du myocarde de type 2 (déséquilibre entre les apports et
la consommation d’oxygène au niveau coronaire).
La dissection coronaire spontanée : une cause fréquente
chez la femme jeune
La dissection spontanée des artères coronaires est une
cause spécifique de MINOCA rare (moins de 1 % des
syndromes coronariens aigus). Elle correspond à une
déchirure de la paroi d’une artère coronaire, créant un
faux chenal sanguin au sein de la paroi qui peut réduire,
voire bloquer, le flux sanguin. Contrairement aux infarc-
tus classiques, la dissection coronaire spontanée touche
préférentiellement les femmes jeunes (moins de 50 ans)
avec peu de comorbidités [13, 14]. Certains travaux
suggèrent l’implication de mécanismes héréditaires,
3 L’ischémie est l’interruption à la fois de l’apport d’oxygène et de nutriment,
mais cela interrompt également l’élimination des molécules toxiques résultant du
métabolisme cellulaire (ndlr).
4 Une sténose est une modification anatomique qui se traduit par un rétrécissement
d’une structure (canal, vaisseau) (ndlr).
5 Un embole est un élément qui flotte dans un vaisseau et qui se bloque, pouvant
être un caillot de sang, une bulle de gaz, une boule de graisse ou un bout de calcaire
(ndlr).
maladie coronarienne des femmes de 45 à 54 ans a progressé de 4,8 %
par an [3]. Cette tendance pourrait être, en partie, expliquée par une
augmentation de l’exposition aux facteurs de risque cardiovasculaires,
notamment le tabagisme et l’obésité. Une meilleure compréhension
des spécificités de l’infarctus du myocarde chez la femme est donc
essentielle pour adapter les stratégies de prévention, de diagnostic et
de prise en charge.
L’objectif de cet article est de comparer la présentation clinique,
l’anatomie coronaire et la prise en charge selon le sexe afin de mettre
en lumière les spécificités de l’infarctus du myocarde chez la femme.
Présentation clinique
L’infarctus du myocarde présente des particularités épidémiologiques
notables chez la femme, notamment en ce qui concerne l’âge, les
comorbidités et les facteurs de risque cardiovasculaires.
Un âge moyen plus élevé à l’hospitalisation et au décès
Les femmes hospitalisées pour un syndrome coronarien aigu sont en
moyenne plus âgées d’une dizaine d’années que les hommes (en 2019,
75 ans pour les femmes contre 67 ans pour les hommes) [3-5].
De même, l’âge moyen au décès par infarctus du myocarde est plus
élevé chez les femmes (85 ans) que chez les hommes (76,5 ans) [6].
Cette différence d’âge pourrait s’expliquer en partie par une préva-
lence plus marquée des facteurs de risque cardiovasculaires chez les
hommes à un âge plus jeune, notamment par une dyslipidémie plus
fréquente et un tabagisme plus important, comme le suggère l’étude
INTERHEART [7]. Toutefois, la proportion de femmes jeunes hospitali-
sées pour infarctus du myocarde reste significative [2].
Des comorbidités plus fréquentes
Les femmes hospitalisées pour infarctus du myocarde présentent géné-
ralement un profil de comorbidités plus marqué que les hommes, avec
des taux plus élevés d’obésité, de diabète, d’hypertension artérielle et
de dyslipidémie. En revanche, le tabagisme reste moins répandu chez
les femmes, bien qu’il constitue un facteur de risque majeur [2, 4, 5,
8]. Par ailleurs, les femmes ont souvent moins d’antécédents corona-
riens que les hommes [2, 8].
Ainsi, les déterminants de la maladie coronarienne semblent similaires
entre les hommes et les femmes, mais sont observés à des âges diffé-
rents.
Les symptômes
L’infarctus du myocarde chez les femmes se manifeste par des symp-
tômes qui peuvent différer de ceux observés chez les hommes, rendant
parfois le diagnostic plus complexe et retardant la prise en charge
dont la rapidité peut améliorer le pronostic de la maladie.
Parmi les symptômes, la douleur thoracique reste fréquente mais est
plus volontiers atypique (localisation au cou, à la mâchoire, au dos,
ou associée à une grande fatigue ou à des troubles digestifs) [2, 9].
Les femmes présentent souvent une forme clinique plus sévère à
l’admission, avec une fréquence accrue d’insuffisance cardiaque,
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
977
SYNTHÈSE REVUES
sympatho-vagal favorisé par la carence œstrogénique,
entraînant une libération intense de
catécholamine ayant des effets myo-
cardique [16] ( ).
Le syndrome de tako-tsubo peut se compliquer initia-
lement d’une insuffisance cardiaque ou de troubles du
rythme, mais l’évolution est généralement favorable,
avec une récupération myocardique. Le traitement
standard repose généralement sur l’introduction de
bétabloquants et d’inhibiteurs de l’enzyme de conver-
sion de l’angiotensinogène 6 bien que le niveau de
preuve scientifique reste limité [17].
Éléments gynécologiques modulateurs du risque
coronarien
Impact de la contraception
Les pilules microprogestatives seules ne semblent pas
augmenter le risque de cardiopathie ischémique 7, indé-
pendamment de la génération de progestatif employée
[18]. Elles constituent ainsi une option contraceptive
privilégiée pour les femmes présentant des facteurs de
risque cardiovasculaires.
L’association d’un œstrogène et d’un progestatif peut,
en revanche, entraîner une augmentation du risque
d’événements cardiovasculaires, en particulier les acci-
dents vasculaires cérébraux (AVC) et les infarctus du
myocarde (avec une augmentation du risque pouvant
aller jusqu’à 2,5 fois) [18, 19].
Si le risque absolu reste faible chez les femmes jeunes
et en bonne santé, il doit être pris en compte lors de la
prescription des contraceptifs, notamment en présence
de facteurs de risque cardiovasculaires associés.
6 L’angiotensinogène (également connu sous le nom d’hypertensinogène) est une
glycoprotéine précurseur de l’angiotensine I, un peptide biologiquement actif qui
régule la pression artérielle et est impliqué dans un certain nombre d’autres pro-
cessus dans le corps (ndlr).
7 La cardiopathie ischémique est une maladie du cœur due au manque d’oxygène
dans les artères coronaires (ndlr).
avec certains variants génétiques prédisposant à la
dissection coronaire [15] ( ).
La figure 1 illustre des exemples de dissections coro-
naires en angiographie.
L’infarctus du myocarde chez la femme présente donc des spécificités
épidémiologiques, cliniques et physiopathologiques, avec des femmes
souvent plus âgées ayant plus de comorbidités et parfois des symp-
tômes atypiques.
Le syndrome de tako-tsubo
Également appelé « cardiomyopathie de stress », on l’évoque en écho-
graphie devant un ventricule gauche en forme d’amphore pendant la
systole, évoquant un piège à pieuvre japonais appelé « tako-tsubo ».
Dans sa forme classique, on observe une sidération de l’apex du ventri-
cule gauche et une hyperkinésie des segments basaux. Il fait partie de
principaux diagnostics différentiels de l’infarctus du myocarde chez la
femme. Cette maladie touche jusqu’à 90 % des patientes. Dans les deux
tiers des cas, on retrouve un facteur déclenchant lié soit à une émotion
forte (décès, agression, accident…), soit à un stress physique (chirur-
gie, affection du système nerveux central, détresse respiratoire,…). La
physiopathologie est complexe, probablement liée à un déséquilibre
( ) Voir m/s n° 8-9,
2019, page 605
IVA
IVA
Dg
Figure 1. Images de dissection coronaire en coronarographie. À gauche : dis-
section coronaire sur l’artère interventriculaire antérieure avec flap intimal
(flèche). À droite : dissection coronaire étendue sur l’artère interventriculaire
antérieure proximale avec extension sur la première diagonale. IVA : interven-
triculaire antérieure ; Dg : diagonale.
( ) Voir m/s n° 2,
2024, page 130
Types d’IDM STEMI NSTEMI MINOCA (en % de l’ensemble des IDM)
Femmes 25 % 30 % 15 %
Hommes 75 % 70 % 3 %
Ratio Femme / Homme 0,33 0,43 5
Tableau I. Type d’infarctus en fonction du sexe. On constate une prévalence plus importante des infarctus à « coronaires saines » chez les femmes,
qui représentent jusqu’à 15 % des infarctus selon les séries, soit 5 fois plus que les hommes. IDM : Infarctus du myocarde ; STEMI : syndrome
coronarien aigu avec sus-décalage du segment ST ; NSTEMI : syndrome coronarien aigu sans sus-décalage du segment ST ; MINOCA : myocardial
infarction with non obstructive coronary arteries.
978
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
hydrosodée accentuée à la ménopause pourrait, au
moins en partie, expliquer des valeurs tensionnels plus
élevés [22, 23].
Impact de l’âge à la ménopause
Si certaines études ne montrent pas d’augmentation
significative du risque coronaire chez les femmes méno-
pausées naturellement par rapport aux femmes en
préménopause, le risque est doublé en cas d’ovariec-
tomie bilatérale sans traitement hormonal substitutif.
Cette augmentation du risque semble compensée par
un traitement substitutif à base d’œstrogènes [24]. Par
ailleurs, une ménopause précoce (avant 40 ans), qu’elle
soit naturelle ou chirurgicale, est associée à une aug-
mentation du risque cardiovasculaire par rapport aux
femmes ménopausées après 40 ans, notamment en ce qui
concerne les maladies coronariennes, dont le risque peut
être accru de 30 à 50 % en comparaison avec celui des
femmes ménopausées après 50 ans [25, 26].
La dysfonction endothéliale
On retrouve dans la littérature un effet protecteur
rapporté des œstrogènes sur l’endothélium vasculaire
[27]. En conditions normales, les œstrogènes protègent
l’endothélium en favorisant la production d’oxyde
nitrique, un vasodilatateur majeur, et en régulant
l’action de l’endothéline-1 et de la noradrénaline,
deux agents vasoconstricteurs. Lors de la carence
hormonale induite par la ménopause, cette régulation
est perdue : l’oxyde nitrique devient moins disponible,
l’activité d’ET-1 (endothelin 1) et de la noradrénaline
s’intensifie, et s’y ajoutent souvent un excès de stress
oxydatif ainsi que des perturbations des voies de signa-
lisation des récepteurs aux œstrogènes. Ainsi, l’arrêt
de la production d’œstrogènes s’accompagne d’une
dysfonction endothéliale qui s’amplifie au cours du
temps, contribuant à une rigidité vasculaire accrue, à
une susceptibilité accrue aux événements coronariens
et aux vasospasmes [28].
Au total, bien que la ménopause soit associée à des
altérations métaboliques défavorables, l’augmentation
du risque coronarien apparaît principalement en cas de
ménopause précoce.
Les bénéfices et les risques du traitement hormonal
substitutif de la ménopause
Le traitement hormonal de la ménopause est classi-
quement envisagé comme une stratégie de prévention
des maladies cardiovasculaires chez les femmes méno-
pausées.
Une réduction de l’incidence de la maladie coronaire
est observée lorsque le traitement hormonal de la
La grossesse
Bien que rare, l’infarctus du myocarde pendant la grossesse représente
une complication grave.
L’infarctus du myocarde survient dans environ 0,05 % des grossesses,
avec une augmentation progressive du risque au cours de la grossesse,
le risque étant maximal en post-partum (jusqu’à 0,2 %) [20]. Plu-
sieurs facteurs de risque ont été identifiés, notamment : l’âge mater-
nel avancé (supérieur à 30 ans), les comorbidités cardiovasculaires
(telles que l’hypertension artérielle, le diabète et le tabagisme), les
anomalies de la coagulation (thrombophilie 8), ainsi que les compli-
cations obstétricales (telles que la prééclampsie 9, les infections du
post-partum, les transfusions, l’accouchement prématuré, et la mort
fœtale) [21].
Physiopathologie et présentation clinique
Le principal mécanisme en cause est la dissection coronaire spon -
tanée, responsable de 43 % des cas, suivie par l’athérosclérose et
l’embolie coronaire. Une revue de 150 cas d’infarctus du myocarde
survenus pendant la grossesse a montré une nette prédominance des
formes STEMI (75 %), dans le territoire myocardique antérieur dans
environ 70 % des cas.
Les mécanismes physiopathologiques impliqueraient les variations
hormonales de la grossesse, notamment la progestérone et les œstro-
gènes, qui induisent des modifications de la matrice extracellulaire
et un état inflammatoire favorisant la fragilisation vasculaire, avec
relargage d’enzymes protéolytiques.
Pronostic et prise en charge
L’atteinte myocardique est souvent sévère, avec une altération de la
fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG < 40 %) chez plus de
la moitié des patientes. La prise en charge doit être adaptée afin de
limiter le risque de dissection coronaire iatrogène lors des procédures
de revascularisation, celles-ci étant privilégiées en cas de STEMI ou de
NSTEMI à haut risque, tout en restant limitées au strict nécessaire pour
éviter une propagation de la dissection. On évite donc, en général,
l’implantation de stents, car celle-ci peut aggraver la situation dans
cette prise en charge très spécifique.
La ménopause
Modifications métaboliques et cardiovasculaires
On observe une altération du profil lipidique à la ménopause avec une
augmentation du cholestérol total et des triglycérides ainsi qu’une
diminution du HDL-cholestérol 10. De plus, on constate une augmen-
tation de la prévalence du syndrome métabolique, incluant l’obésité
abdominale, le diabète et l’hypertension artérielle. Une rétention
8 La thrombophilie correspond à une prédisposition pathologique à la formation de caillots sanguins
(thrombus). Cette maladie résulte d’un déséquilibre du système de coagulation, favorisant la thrombose
(ndlr).
9 La prééclampsie est une maladie de la grossesse qui associe une hypertension artérielle et une
protéinurie (ndlr).
10 Le HDL-cholestérol (ou « bon cholestérol ») est une forme de cholestérol transportée dans le sang
par des lipoprotéines appelées HDL (high density lipoproteins, ou lipoprotéines de haute densité) (ndlr).
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
979
SYNTHÈSE REVUES
Plusieurs études ont suggéré un lien entre l’endomé-
triose et un risque accru de maladies cardiovasculaires.
Les données mettent en évidence une altération du
profil lipidique et une tendance à l’augmentation du
risque d’athérosclérose chez les femmes concernées
[33]. Une méta-analyse de grande ampleur a rapporté
une augmentation significative du risque de cardiopa-
thie ischémique chez les patientes atteintes d’endomé-
triose [34].
Ce surrisque semble persister indépendamment de
l’existence d’une insuffisance ovarienne précoce, mais
il est accentué lorsque le diagnostic d’endométriose
est posé à un âge plus jeune [33]. Par ailleurs, les trai-
tements fréquemment associés à la prise en charge de
la maladie – notamment l’hystérectomie 12, l’annexec-
tomie 13 ou l’induction d’une ménopause artificielle
précoce — constituent souvent des facteurs de risque
cardiovasculaire supplémentaires.
Le cancer du sein
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez
la femme, pour lequel la survie à dix ans dépasse
désormais 80 %. Cette amélioration du pronostic pose
toutefois la question des effets secondaires à long
terme des traitements, notamment d’un point de vue
cardiovasculaire.
Plusieurs études ont rapporté une élévation de l’inci-
dence de la maladie coronarienne chez les femmes
ayant eu un cancer du sein [35]. Un lien particulier a
été mis en évidence entre un âge jeune lors du dia-
gnostic et un risque accru d’infarctus du myocarde
ultérieur [36].
Une cohorte de population générale a également mon-
tré une augmentation du risque de cardiopathie isché-
mique dans l’année suivant le diagnostic de cancer du
sein, suggérant le rôle potentiel d’un stress émotionnel
intense en période post-diagnostique [37]. D’autres
travaux ont renforcé cette hypothèse en identifiant,
chez des femmes ayant déjà présenté un infarctus, une
sensibilité accrue à l’ischémie myocardique induite par
le stress, possiblement liée à une dysfonction microcir-
culatoire plus marquée chez les femmes [38].
Par ailleurs, certains traitements adjuvants du cancer
du sein sont eux-mêmes associés à un surrisque cardio-
vasculaire. L’utilisation d’inhibiteurs de l’aromatase 14
est corrélée à une augmentation du risque de cardio-
12 L’hystérectomie consiste en l’ablation chirurgicale de l’utérus (ndlr).
13 L’annexectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer les ovaires
et les trompes de Fallope (ndlr).
14 L’aromatase est une enzyme impliquée dans la production d’œstrogènes, et qui
agit en catalysant la conversion de la testostérone (un androgène) en estradiol (un
œstrogène). On utilise les inhibiteurs de l’aromatase car ils privent la tumeur des
œstrogènes dont elle dépend pour se développer (ndlr).
ménopause est initié dans les dix ans suivant la ménopause [29].
Par ailleurs, une diminution du risque d’insuffisance cardiaque a
également été rapportée, à condition que le traitement soit introduit
précocement [30].
Par contre, l’utilisation d’un traitement hormonal de la ménopause
par voie orale peut entraîner une augmentation du risque thromboem-
bolique veineux. Une initiation tardive dix ans après la ménopause ne
présente pas de caractère de protection cardiovasculaire notamment
sur la survenue de maladie coronaire [29, 30]. À l’inverse, le traitement
hormonal de la ménopause semble avoir un effet protecteur lorsqu’il
est débuté précocement après la ménopause et administré par voie
transdermique. Toutefois, l’évaluation du profil de risque individuel est
essentielle avant d’initier le traitement.
Impact de maladies spécifiques de la femme sur le risque
cardiovasculaire
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
Le syndrome des ovaires polykystiques touche entre 5 et 15 % des
femmes en âge de procréer. Il s’agit d’une maladie hormonale dont le
diagnostic repose sur la présence d’au moins deux critères parmi les
trois suivants : oligo- ou anovulation, hyperandrogénisme clinique ou
biologique, et ovaires polykystiques à l’échographie.
Chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques, le risque
cardiovasculaire est classiquement considéré comme accru, en raison de
la fréquence élevée de facteurs de risque métaboliques tels que l’hyper-
tension artérielle, le diabète de type 2 et les anomalies lipidiques [25].
L’hypothèse d’un rôle aggravant de l’inflammation chronique, induite par
le syndrome des ovaires polykystiques, sur les lésions myocardiques isché-
miques a également été avancée [31].
Cependant, une méta-analyse portant sur 23 études a nuancé ce lien
en mettant en évidence une augmentation du risque d’hypertension
artérielle, de diabète de type 2 et du cholestérol total, sans pour
autant démontrer une augmentation du risque d’événements corona-
riens. Cette absence de lien direct est corroborée par l’absence d’élé-
vation significative des taux de LDL-cholestérol 11 et de triglycérides
dans cette population [32].
Ainsi, bien qu’une augmentation du risque cardiométabolique soit
avérée chez les femmes atteintes de syndrome des ovaires polykys-
tiques, elle ne semble pas se traduire par une augmentation manifeste
du risque coronarien.
L’ endométriose
L’endométriose, qui touche environ une femme sur dix en France, est
une maladie gynécologique caractérisée par la présence de tissu endo-
métrial en dehors de la cavité utérine. Elle est aujourd’hui reconnue
comme une maladie systémique, impliquant des mécanismes d’inflam-
mation chronique et de stress oxydatif [33].
11 Le taux de LDL-cholestérol (souvent appelé « mauvais cholestérol ») mesure la quantité de cholestérol
transportée dans le sang par les lipoprotéines de basse densité (low density lipoproteins) (ndlr).
980
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
par une sténose supérieure à 50 %) par rapport aux
hommes ce qui définit une fréquence accrue d’infarctus
du myocarde à « coronaires saines » [2]. Pourtant,
les données issues d’études anatomopathologiques et
d’imagerie intracoronaire ont montré que les femmes
présentent une charge athéromateuse comparable
à celle des hommes, avec une quantité similaire de
plaques et de calcifications [23]. Ces plaques s’accom-
pagnent cependant plus fréquemment d’un remodelage
vasculaire excentrique ou dit « positif », permettant de
maintenir une lumière artérielle relativement préservée.
Taille et morphologie des artères coronaires
Les femmes présentent des artères coronaires de plus petit
diamètre que les hommes, y compris après ajustement
en fonction de la surface corporelle [23, 42, 43]. Cette
différence est particulièrement marquée au niveau des
segments proximaux, et le diamètre des artères coronaires
féminines est estimé à environ 90 % de celui des hommes.
Bien qu’on ne retrouve pas d’association entre le sexe
féminin et la tortuosité des artères coronaires dans la lit-
térature (la méthodologie de ces études étant souvent peu
robuste et peu de travaux ayant été publiés sur ce sujet),
on note dans la pratique des tortuosités plus marquées
chez les femmes, rendant parfois les procédures d’angio-
plastie plus complexes.
Mécanisme thrombotique : une physiopathologie
distincte
En cas d’infarctus, l’évènement déclencheur du throm-
bus semble différer entre les sexes. Alors que les
hommes présentent plus fréquemment une rupture de
plaque, chez les femmes, la formation du thrombus
est deux fois plus souvent liée à une érosion de plaque
(rupture superficielle de la plaque fibreuse sans libéra-
tion du cœur lipidique) [23].
Sur le plan histologique, une plaque érodée se compose
souvent d’une chape épaisse avec peu de lipides ainsi
qu’une altération de la matrice sous-endothéliale,
riche en protéoglycanes, hyaluronane et cellules mus-
culaires lisses. L’érosion de plaque entraîne rarement
une thrombose extensive et une occlusion complète
de l’artère. Au contraire, une plaque rompue présente,
le plus souvent, une chape fibreuse fine avec un cœur
riche en lipides. Plusieurs mécanismes semblent impli-
qués dans l’érosion, notamment des modifications
de la matrice extracellulaire ainsi qu’une dysfonction
endothéliale [44].
L’hypothèse d’une dysfonction endothéliale
L’un des mécanismes sous-jacents évoqués pour
expliquer la fréquence accrue des syndromes isché-
pathie ischémique, contrairement à l’usage du tamoxifène 15 [37]. Les
anthracyclines16 et le trastuzumab 17 sont également impliqués, avec
des effets délétères précoces ou retardés, parfois survenant cinq ans
ou plus après le traitement, principalement via des risques de dysfonc-
tion systolique du ventricule gauche [39].
La radiothérapie mammaire adjuvante est couramment utilisée après
une chirurgie conservatrice ou en présence d’atteinte ganglionnaire.
Dans certains cas, notamment lors d’une irradiation de la chaîne
mammaire interne, une irradiation cardiaque concomitante peut sur-
venir, notamment en cas de cancer du sein gauche. La cardiotoxicité
associée à la radiothérapie serait liée à un stress oxydatif chronique
induit par l’irradiation des tissus cardiaques [40]. Une large étude
cas-témoin menée au Danemark et en Suède sur plus de 2 000 femmes
a mis en évidence une augmentation linéaire du risque de cardiopathie
ischémique en fonction de la dose reçue, avec une élévation du risque
débutant quelques années après le traitement et persistant pendant
plus de vingt ans [41]. Cependant, des travaux plus récents n’ont
pas confirmé cette association. Plusieurs études suggèrent l’absence
d’augmentation du risque cardiovasculaire, probablement en lien avec
une amélioration des techniques de radiothérapie [37]. Il semble que
l’on observe actuellement les conséquences post-radiques chez des
patientes irradiées il y a 20 à 30 ans, qui ont été exposées à des doses
beaucoup plus élevées au niveau cardiaque.
Si le risque absolu reste faible, il est néanmoins aggravé en présence
de facteurs de risque cardiovasculaires associés [40].
Différentes stratégies sont actuellement utilisées pour réduire l’expo-
sition cardiaque, telles que le positionnement en décubitus 18 latéral,
l’inspiration forcée ou le fractionnement des doses. Par ailleurs, des
approches pharmacologiques sont actuellement évaluées, incluant
l’usage d’antioxydants, de statines, ou encore de candésartan 19 en
monothérapie, qui pourraient conférer une cardioprotection dans ce
contexte [40].
Ainsi, le risque de cardiopathie ischémique chez la femme peut être
influencé par des particularités gynécologiques, résumées dans la
Figure 2.
Particularités anatomiques et physiopathologiques des artères
coronaires chez la femme
Des formes dites « non obstructive » plus fréquentes
Chez les femmes admises pour un NSTEMI, les coronarographies
révèlent plus fréquemment l’absence de lésion significative (définie
15 Le tamoxifène est une molécule qui se fixe sur les récepteurs aux œstrogènes (ER) dans les cellules
tumorales et empêche les œstrogènes de stimuler leur croissance. Le choix entre tamoxifène et inhibiteurs
de l’aromatase dépend surtout du statut ménopausique et du profil de risque de la patiente (ndlr).
16 Les anthracyclines sont des chimiothérapies qui détruisent les cellules cancéreuses. Le trastuzumab
est un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre le récepteur HER2 exprimé par environ 15-20 % des
cancers du sein (ndlr).
17 Le trastuzumab est un anticorps monoclonal recombinant qui bloque le récepteur HER2 (human
epidermal growth factor receptor 2) impliqué notamment dans certains cancers du sein (ndlr).
18 Décubitus désigne un corps allongé à l’horizontale, avec différentes positions possibles selon
l’orientation et l’inclinaison (ndlr).
19 Le candésartan est un médicament de la classe des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II
(ndlr).
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
981
SYNTHÈSE REVUES
Type II : réduction diffuse du calibre artériel, le plus
fréquent. Le sous-type IIa est limité par des segments
de calibre normal en amont et en aval, tandis que le IIb
s’étend jusqu’à l’extrémité distale du vaisseau.
Type III : sténose focale ou tubulaire de moins de
20 mm, pouvant mimer une sténose athéromateuse.
Type IV : occlusion complète de la lumière artérielle par
le faux chenal.
Plusieurs critères orientent vers le diagnostic de
dissection coronaire spontanée [13] : (1) l’absence
d’athérome sur les autres artères coronaires, (2) la
présence d’un flap radiotransparent délimitant deux
lumières (Figure 1), (3) une stagnation du produit de
contraste dans la lumière artérielle, (4) des limites
nettes de la zone anormale, souvent au niveau d’une
branche collatérale, (5) une réduction longue du
calibre artériel, régulière ou en aspect de sténoses
multiples, mimant une silhouette de « phasme » ou
de « radis ».
Dans les formes douteuses, l’imagerie endocoronaire
(notamment par tomographie par
cohérence optique) [46] ( ) permet
de confirmer le diagnostic sans majorer le risque de
complication, si elle est réalisée avec précaution.
miques sans sténose significative chez la femme est une dysfonc-
tion endothéliale. Cette dernière correspond à une incapacité
de l’endothélium vasculaire à produire de manière adéquate de
l’oxyde nitrique, essentiel à la vasodilatation et à l’adaptation
au stress myocardique. Ce dysfonctionnement pourrait rendre
les femmes plus vulnérables à l’ischémie myocardique, même en
l’absence de sténose significative détectable en angiographie.
La dissection coronaire spontanée : une cause spécifique
d’infarctus chez la femme jeune
La dissection coronaire spontanée constitue une cause particulière de
syndrome coronarien aigu, touchant préférentiellement les femmes
jeunes, souvent sans facteurs de risque cardiovasculaires tradition-
nels. Elle est retrouvée dans 25 à 35 % des infarctus du myocarde chez
les femmes de moins de 50 ans [45].
Quatre types angiographiques ont été décrits [45] :
Type I : visualisation d’un flap intimal 20 avec une double lumière,
pathognomonique21 lorsqu’elle est présente.
20 Un flap intimal est une séparation de l’intima, la couche la plus interne d’une artère, de la média, la
couche intermédiaire. Ce détachement crée un nouveau canal, appelé fausse lumière, par lequel le sang
s’écoule à côté de la vraie lumière d’origine (ndlr).
21 Pathognomonique est un adjectif qualifiant les signes caractéristiques, spécifiques d’une maladie et
qui permettent de poser un diagnostic sans hésitation, sans ambiguïté (ndlr).
Ménopause
Grossesse
Contraception
Endométriose
SOPK
Cancer du sein
Effet des traitements :
Syndrome métabolique
Dysfonction endothéliale
Dissection coronaire
Atteinte myocardique sévère
COP
Progestatifs
Risque d’IDM
Impact de l’âge jeune
au diagnostic
Augmentation globale
du risque cardiovasculaire
Inhibiteurs de l’aromatase
Anthracyclines
Trastuzumab
Radiothérapie
Risque cardiométabolique
Risque d’IDM
Figure 2. Impact des particularités gynécologiques sur le risque de cardiopathie ischémique. IDM : infarctus du myocarde ; COP : contraception
oestroprogestative ; SOPK : syndrome des ovaires polykystiques.
( ) Voir m/s n° 10,
2006, page 859
982
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
Il apparaît ainsi que la mortalité précoce est plus
élevée chez les femmes, ce qui s’explique par une pré-
sentation clinique initiale plus sévère, observée chez
des patientes généralement plus âgées et présentant
davantage de comorbidités ; toutefois, le sexe ne
constitue pas en lui-même un facteur prédictif indé-
pendant de mortalité accrue.
Stratégies thérapeutiques : médicaments,
angioplastie, chirurgie
Les médicaments
Malgré des recommandations thérapeutiques com-
munes à l’ensemble des patients, des différences dans
l’utilisation des médicaments ont été observées chez
les femmes présentant un infarctus du myocarde.
En phase préhospitalière, elles reçoivent moins souvent
certains traitements antiplaquettaires que les hommes,
alors que l’usage de la fibrinolyse ne varie pas selon le
sexe [2, 4].
En ce qui concerne le traitement post-NSTEMI, les
femmes se voient moins souvent prescrire des inhi-
biteurs de P2Y12 (le récepteur de l’ADP sur les pla-
quettes), une classe d’antiagrégants plaquettaires,
en particulier lorsqu’elles ne bénéficient pas d’une
angioplastie [47]. Ceci pourrait s’expliquer par des
contre-indications plus fréquentes chez les femmes,
notamment liées au poids.
Enfin, plusieurs études nord-américaines montrent que
ces écarts sont encore plus marqués chez les femmes
jeunes, qui reçoivent moins souvent des traitements de
prévention secondaire tels que les hypolipémiants 22, les
antiagrégants et les bêtabloquants [8].
L’angioplastie
La revascularisation myocardique est un élément clé
de la prise en charge de l’infarctus du myocarde. Les
données actuelles indiquent qu’elle est aussi bénéfique
chez les femmes que chez les hommes, en particulier
dans les formes à haut risque [48]. Toutefois, certains
travaux ont suggéré un bénéfice moindre chez les
femmes atteintes de NSTEMI, avec une augmentation
de la mortalité précoce observée dans cette population
[47].
Les données issues des registres récents révèlent un
recours similaire à la coronarographie entre les sexes
[2]. Cependant, les femmes bénéficient moins fré-
quemment d’une angioplastie primaire, et lorsqu’elle
est réalisée, on observe un moindre usage des stents
22 Les hypolipémiants sont des médicaments qui font diminuer le taux de graisses
dans le sang (ndlr).
Prise en charge et pronostic de l’infarctus du myocarde
chez les femmes
L’infarctus du myocarde chez les femmes présente des spécificités
thérapeutiques notables, résumées dans le Tableau II.
Prise en charge initiale et pronostic
Plusieurs études françaises ont mis en évidence un délai plus long
entre l’apparition des symptômes et la première consultation médicale
chez les femmes par rapport aux hommes. Ce « délai patient » est en
moyenne prolongé d’une vingtaine de minutes, probablement à cause
d’une moindre tendance à solliciter rapidement les services d’urgence.
En revanche, une fois le diagnostic d’infarctus établi, le délai de prise en
charge par reperfusion (par exemple par angioplastie en cas de STEMI) ne
montre pas de différence notable entre les sexes (Tableau II) [4].
La mortalité hospitalière est plus élevée chez les femmes que chez les
hommes, particulièrement en cas de STEMI. En France, elle est environ
deux fois plus importante dans cette situation [6]. Toutefois, plusieurs
travaux indiquent que cette différence s’atténue après la prise en
compte de facteurs tels que l’âge plus avancé et la fréquence accrue
du diabète chez les patientes [10].
Stratégie Particularités
féminines Réf.
Prise en charge initiale
Délai avant la 1 re consultation
médicale Allongé [4]
Délai de reperfusion Similaire
Mortalité intra-hospitalière
Non ajustée sur l’âge Plus élevée [5]
Ajustée sur l’âge Absence de différence
significative [10]
Thérapeutiques
Antiagrégants plaquettaires Moins prescrits [47, 4]
Fibrinolyse Absence de différence
significative [2]
Angioplastie Moins fréquente [47, 5]
Abord radial Moins fréquent [10, 49]
Pontage aorto-coronarien Mortalité post- opératoire
plus élevée [53, 54]
Tableau II. Particularités liées au sexe dans la prise en charge de l’infarctus du
myocarde.
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
983
SYNTHÈSE REVUES
actifs au profit d’une angioplastie au ballon seul [47]. Ces éléments
pourraient être expliqués par la présence d’un réseau coronaire plus
tortueux qui engendre des procédures plus difficiles notamment pour
acheminer le matériel nécessaire à l’angioplastie (Figure 3A). De plus,
la voie radiale, aujourd’hui privilégiée pour ses bénéfices en termes de
sécurité et de confort, est moins souvent utilisée chez les femmes, ce
qui s’explique par un diamètre de l’artère radial réduit (Figure 3B) [10,
49]. Les femmes présentent également plus fréquem-
ment des boucles radiales (Figure 3C), qui peuvent être
une source d’échec de la voie d’abord 23 [50]. Ceci les
expose aux complications associées à l’abord fémoral,
avec notamment un risque d’hématome au point de
ponction multiplié par dix [51].
Parmi les patients hospitalisés pour STEMI en 2022, les
femmes non revascularisées au cours de l’hospitalisa-
tion étaient significativement plus nombreuses que les
hommes [4, 6, 51, 52].
Un cas particulier mérite une attention spécifique :
celui de la dissection coronarienne spontanée. Dans
ce contexte, il est recommandé d’éviter une revascu-
larisation invasive, en raison du risque d’extension de
la dissection. Une prise en charge conservatrice est
privilégiée, sans recours systématique à l’angioplastie
ni aux traitements antithrombotiques agressifs [13].
La chirurgie
Le pontage aorto-coronarien constitue une option thé-
rapeutique majeure dans le traitement des maladies
coronariennes étendues ou complexes. Toutefois, plu-
sieurs travaux suggèrent une mortalité postopératoire
plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Une
méta-analyse de grande ampleur a, par exemple, mon-
tré un excès de décès précoces chez les patientes, ten-
dance confirmée dans de larges cohortes, même après
la prise en compte de l’âge [53, 54].
Plusieurs hypothèses physiopathologiques ont été
avancées pour expliquer cette différence, au premier
rang desquelles figurent la plus petite taille des artères
coronaires chez les femmes. En outre, les femmes accé-
dant à la chirurgie sont, statistiquement, plus âgées, et
présentent davantage de comorbidités que leurs homo-
logues masculins [55]. Il convient de souligner que la
plupart des données disponibles proviennent d’études
anciennes, qui doivent être réévaluées de façon pros-
pective.
Conclusion
L’infarctus du myocarde chez la femme présente un cer-
tain nombre de spécificités physiopathologiques, cli-
niques, anatomiques et thérapeutiques. Si les données
restent parfois discordantes quant à la prise en charge,
il est établi que les femmes présentent, en moyenne,
une survenue de l’événement coronarien plus tardive,
souvent dans un contexte clinique plus sévère, avec un
profil de comorbidités plus important.
23 Voie utilisée par le chirurgien pour accéder à un organe ou à une région anato-
mique donnée (ndlr).
A
B
C
Possibilité d’abord par l’artère radiale (%)
en fonction de la taille de l’introducteur (French)
100
80
60
40
20
0 4F 5F 6F 7F
Femme Homme
Figure 3. Difficultés procédurales en lien avec l’anatomie vasculaire chez les
femmes. A. Coronarographie mettant en évidence un réseau coronaire gauche
très tortueux. B. Possibilité de pratiquer la procédure par l’artère radiale (%) en
fonction de la taille de l’introducteur dans l’artère radiale (désilet) qui permet de
faire progresser le matériel dans l’artère radiale jusqu’aux artères coronaires (F :
French, 1 French équivaut à 0,33 mm de diamètre). Pour une taille de désilet de 6
French, quasiment une femme sur deux ne pourra pas bénéficier d’un abord radial.
C. Angiographie d’une boucle radiale, rendant la montée des sondes plus délicate.
984
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
11. Safdar B, Spatz ES, Dreyer RP , et al. Presentation, clinical profile, and
prognosis of young patients with myocardial infarction with nonobstructive
coronary arteries (minoca): results from the VIRGO study. J Am Heart Assoc
2018 ; 7 : e009174.
12. Pasupathy S, Air T, Dreyer RP , et al. Systematic review of patients presenting
with suspected myocardial infarction and nonobstructive coronary arteries.
Circulation 2015 ; 131 : 861-70.
13. Motreff P , Malcles G, Combaret N, et al. How and when to suspect
spontaneous coronary artery dissection: novel insights from a single-centre
series on prevalence and angiographic appearance. EuroIntervention J Eur
Collab Work Group Interv Cardiol Eur Soc Cardiol 2017 ; 12 : e2236-43.
14. Saw J, Aymong E, Mancini GBJ, et al. Nonatherosclerotic coronary artery
disease in young women. Can J Cardiol 2014 ; 30 : 814-19.
15. Georges A, Bouatia-Naji N. La génétique établit le lien entre plusieurs
maladies cardiovasculaires affectant préférentiellement les femmes. Med
Sci (Paris) 2019 ; 35 : 605-7.
16. Yoganathan T, Tavitian B. Syndrome de takotsubo - Le métabolisme
cardiaque au cœur du problème ? Med Sci (Paris) 2024 ; 40 : 130-2.
17. Ghadri J-R, Wittstein IS, Prasad A, et al. International expert consensus
document on Takotsubo syndrome (part ii): diagnostic workup, outcome,
and management. Eur Heart J 2018 ; 39 : 2047-62.
18. Roach REJ, Helmerhorst FM, Lijfering WM, et al. Combined oral
contraceptives: the risk of myocardial infarction and ischemic stroke.
Cochrane Database Syst Rev 2015 ; 2015 : CD011054.
19. Lidegaard Ø, Løkkegaard E, Jensen A, et al. Thrombotic stroke and
myocardial infarction with hormonal contraception. N Engl J Med 2012 ; 366 :
2257-66.
20. Elkayam U, Jalnapurkar S, Barakkat MN, et al. Pregnancy-associated acute
myocardial infarction: a review of contemporary experience in 150 cases
between 2006 and 2011. Circulation 2014 ; 129 : 1695-702.
21. Oliver-Williams CT, Heydon EE, Smith GCS, et al. Miscarriage and future
maternal cardiovascular disease: a systematic review and meta-analysis.
Heart Br Card Soc 2013 ; 99 : 1636-44.
22. Pechère-Bertschi A, Burnier M. Female sex hormones, salt, and blood
pressure regulation. Am J Hypertens 2004 ; 17 : 994-1001.
23. Bellasi A, Raggi P , Merz CNB, et al. New insights into ischemic heart disease
in women. Cleve Clin J Med 2007 ; 74 : 585-94.
24. Colditz GA, Willett WC, Stampfer MJ, et al. Menopause and the risk of
coronary heart disease in women. N Engl J Med 1987 ; 316 : 1105-10.
25. Wild RA, Carmina E, Diamanti-Kandarakis E, et al. Assessment of
cardiovascular risk and prevention of cardiovascular disease in women with
the polycystic ovary syndrome: a consensus statement by the androgen
excess and polycystic ovary syndrome (AE-PCOS) Society. J Clin Endocrinol
Metab 2010 ; 95 : 2038-49.
26. Honigberg MC, Zekavat SM, Aragam K, et al. Association of premature
natural and surgical menopause with incident cardiovascular disease. JAMA
2019 ; 322 : 2411-21.
27. Chakrabarti S, Morton JS, Davidge ST. Mechanisms of estrogen effects on the
endothelium: an overview. Can J Cardiol 2014 ; 30 : 705-12.
28. Moreau KL, Hildreth KL, Meditz AL, et al. Endothelial function is impaired
across the stages of the menopause transition in healthy women. J Clin
Endocrinol Metab 2012 ; 97 : 4692-700.
29. Boardman HMP , Hartley L, Eisinga A, et al. Hormone therapy for preventing
cardiovascular disease in post-menopausal women. Cochrane Database
Syst. Rev 2015 ; 2015 : CD002229.
30. Schierbeck LL, Rejnmark L, Tofteng CL, et al. Effect of hormone replacement
therapy on cardiovascular events in recently postmenopausal women:
randomised trial. BMJ 2012 ; 345 : e6409.
31. Gao L, Zhao Y, Wu H, et al. Polycystic ovary syndrome fuels cardiovascular
inflammation and aggravates ischemic cardiac injury. Circulation 2023 ;
148 : 1958-73.
32. Wekker V, Dammen L van, Koning A, et al. Long-term cardiometabolic
disease risk in women with PCOS: a systematic review and meta-analysis.
Hum Reprod Update 2020 ; 26 : 942-60.
33. Blom JN, Velez MP , McClintock C, et al. Endometriosis and cardiovascular
disease: a population-based cohort study. CMAJ Open 2023 ; 11 : E227-36.
34. Poeta do Couto C, Policiano C, Pinto FJ, et al. Endometriosis and
cardiovascular disease: A systematic review and meta-analysis. Maturitas
2023 ; 171 : 45-52.
35. Khan NF, Mant D, Carpenter L, et al. Long-term health outcomes in a British
cohort of breast, colorectal and prostate cancer survivors: a database
study. Br J Cancer 2011 ; 105 Suppl 1 : S29-37.
On observe par ailleurs une augmentation préoccupante de l’incidence
de l’infarctus du myocarde chez les femmes jeunes, probablement liée
avec la progression des facteurs de risque cardiovasculaire dans cette
population. En France, la prise en charge médicamenteuse initiale et
la prévention secondaire semble globalement comparable entre les
sexes. Toutefois, une tendance à un moindre recours aux stratégies
invasives chez les femmes persiste.
SUMMARY
Features of myocardial infarction in women
Myocardial infarction is a major public health concern for women.
Hospitalization rates are increasing, particularly among young women. This
trend is probably linked to the growing prevalence of cardiovascular risk
factors and specific conditions that can increase the risk of myocardial
infraction, such as early menopause, estrogen-progestogen contraception,
endometriosis and chest radiation therapy for breast cancer. From a patho-
physiological perspective, women have distinct characteristics. They have
a higher proportion of myocardial infraction without significant coronary
obstruction, including spontaneous coronary dissection, which can occur
during pregnancy. Women also have smaller coronary and radial arteries
with more frequent tortuosity, which can complicate interventional proce-
dures. Additionally, disparities in the management of myocardial infraction
in women have been observed. They tend to seek medical attention later
and are less likely to benefit from invasive strategies, such as revascu-
larization or coronary artery bypass grafting. In conclusion, myocardial
infraction in women have many clinical and pathophysiological specifici-
ties. Additional efforts are needed to improve care and ensure equality in
treatment by taking into account the specific characteristics of women.
LIENS D’INTÉRÊT
Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt concernant les données publiées dans
cet article.
RÉFÉRENCES
1. Bensouda C, Otel I, Danchin N. Aspects cliniques des syndromes coronariens aigus. Med Sci (Paris)
2004 ; 20 : 402-7.
2. Simon T, Puymirat E, Lucke V, et al. Acute myocardial infarction in women. Initial characteristics,
management and early outcome. The FAST-MI registry. Ann Cardiol Angeiol (Paris) 2013 ; 62 : 221-
6.
3. Gabet A. Infarctus du myocarde chez la femme : évolutions des taux d’hospitalisation et de
mortalité, France, 2002-2013. BEH 2016 ; 7 : 100-8
4. Manzo-Silberman S, Couturaud F, Charpentier S, et al. Influence of gender on delays and
early mortality in ST-segment elevation myocardial infarction: Insight from the first French
Metaregistry, 2005-2012 patient-level pooled analysis. Int J Cardiol 2018 ; 262 : 1-8.
5. Grave C, Gabet A, Cinaud A, et al. Nationwide time trends in patients hospitalized for acute
coronary syndrome: a worrying generational and social effect among women. Eur J Prev Cardiol
2024 ; 31 : 116-27.
6. Grave C, Gabet A, Danchin N, et al. Epidemiology of ischaemic heart disease in France. Arch
Cardiovasc Dis 2024 ; 117 : 725-37.
7. Anand SS, Islam S, Rosengren A, et al. Risk factors for myocardial infarction in women and men:
insights from the INTERHEART study. Eur Heart J 2008 ; 29 : 932-40.
8. Arora S, Stouffer GA, Kucharska-Newton AM, et al. Twenty year trends and sex differences in
young adults hospitalized with acute myocardial infarction. Circulation 2019 ; 139 : 1047-56.
9. Thuresson M, Jarlöv MB, Lindahl B, et al. Symptoms and type of symptom onset in acute coronary
syndrome in relation to ST elevation, sex, age, and a history of diabetes. Am Heart J 2005 ; 150 :
234-42.
10. Barthélémy O, Degrell P , Berman E, et al. Sex-related differences after contemporary primary
percutaneous coronary intervention for ST-segment elevation myocardial infarction. Arch
Cardiovasc Dis 2015 ; 108 : 428-36.
m/s n° 12, vol. 41, décembre 2025
985
SYNTHÈSE REVUES
51. Agostoni P , Biondi-Zoccai GGL, Benedictis ML de, et al. Radial versus
femoral approach for percutaneous coronary diagnostic and interventional
procedures; Systematic overview and meta-analysis of randomized trials. J
Am Coll Cardiol 2004 ; 44 : 349-56.
52. Gail D’Onofrio, Basmah Safdar, Judith H Lichtman, Kelly M Strait et al. Sex
differences in reperfusion in young patients with ST-segment-elevation
myocardial infarction: results from the VIRGO study. Circulation 2015 ; 131 :
1324-32.
53. Shi D, Zhang B, Motamed M, et al. Higher mortality in women after coronary
artery bypass: meta-analysis and bias analysis of confounding. Ann Thorac
Sur. 2022 ; 113 : 674-80.
54. Johnston A, Mesana TG, Lee DS, et al. Sex differences in long-term survival
after major cardiac surgery: a population-based cohort study. J Am Heart
Assoc 2019 ; 8 : e013260.
55. Esmaeilzadeh S, Vinzant N, Ramakrishna H. Outcomes in women undergoing
coronary artery bypass grafting: analysis of new data and operative trends.
J Cardiothorac Vasc Anesth 2025 ; 39 : 532–7.
36. Liang J, Pan Y, Zhang W, et al. Associations of age at diagnosis of breast cancer with incident
myocardial infarction and heart failure: A prospective cohort study. eLife 2024 ; 13 : RP95901.
37. Yang H, Bhoo-Pathy N, Brand JS, et al. Risk of heart disease following treatment for breast cancer
- results from a population-based cohort study. eLife 2022 ; 11 : e71562.
38. Vaccarino V, Sullivan S, Hammadah M, et al. Mental stress-induced-myocardial ischemia in young
patients with recent myocardial infarction: sex differences and mechanisms. Circulation 2018 ;
137 : 794-805.
39. Vo JB, Ramin C, Veiga LHS, et al. Long-term cardiovascular disease risk after anthracycline and
trastuzumab treatments in US breast cancer survivors. J Natl Cancer Inst 2024 ; 116 : 1384-94.
40. Kammerer E, Le Guévelou J, Jacob S, et al. Cardiac complications of breast radiation therapy. Bull.
Cancer (Paris) 2019 ; 106 : 379-88.
41. Darby SC, Ewertz M, McGale P , et al. Risk of ischemic heart disease in women after radiotherapy
for breast cancer. N Engl J Med 2013 ; 368 : 987-98.
42. Sheifer SE, Canos MR, Weinfurt KP , et al. Sex differences in coronary artery size assessed by
intravascular ultrasound. Am Heart J 2000 ; 139 : 649-53.
43. Dodge JT, Brown BG, Bolson EL, et al. Lumen diameter of normal human coronary arteries.
Influence of age, sex, anatomic variation, and left ventricular hypertrophy or dilation. Circulation
1992 ; 86 : 232-46.
44. Jager SCA de, Meeuwsen JAL, Pijpen FM van, et al. Preeclampsia and coronary plaque erosion:
Manifestations of endothelial dysfunction resulting in cardiovascular events in women. Eur J
Pharmacol 2017 ; 816 : 129-37.
45. Adlam D, Alfonso F, Maas A, et al. European society of cardiology, acute cardiovascular care
association, SCAD study group: a position paper on spontaneous coronary artery dissection. Eur
Heart J 2018 ; 39 : 3353-68.
46. Dubois A, Boccara C. L’OCT plein champ. Med Sci (Paris) 2006 ; 22 : 859-64.
47. Cenko E, Ricci B, Kedev S, et al. Invasive versus conservative strategy in acute coronary
syndromes: The paradox in women’s outcomes. Int J Cardiol 2016 ; 222 : 1110-5.
48. O’Donoghue M, Boden WE, Braunwald E, et al. Early invasive vs conservative treatment strategies
in women and men with unstable angina and non-st-segment elevation myocardial infarction: a
meta-analysis. JAMA 2008 ; 300 : 71-80.
49. Haq MA ul, Tsay IM, Dinh DT, et al. Prevalence and outcomes of trans-radial access for
percutaneous coronary intervention in contemporary practise. Int. J. Cardiol. 2016 ; 221 : 264-268.
50. Lo TS, Nolan J, Fountzopoulos E, et al. Radial artery anomaly and its influence on transradial
coronary procedural outcome. Heart Br Card Soc 2009 ; 95 : 410-5.
TIRÉS À PART
P .-Y. Courand
Text is read by the "Ask this paper" AI Q&A widget below.
Extraction quality varies by source — PMC NXML preserves structure
cleanly, OA-HTML may include some navigation residue, and OA-PDF can
have broken hyphenation. The publisher copy
(via DOI)
is the canonical version.