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Algies pelviennes chroniques chez la femme jeune adulte (18-25 ans), prévalence retentissement (handicap et qualité de vie) et parcours de soins.
| Auteur / Autrice : | François Margueritte |
| Direction : | Arnaud Fauconnier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Epidémiologie |
| Date : | Soutenance le 22/05/2026 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Santé Publique (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne ; 2015-...) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Villejuif, Val-de-Marne ; 2010-....) |
| Référent : Université Paris-Saclay. Faculté de médecine (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne ; 2020-....) | |
| graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Santé publique (2020-….) | |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Michèle Nisolle, Morgane Michel, Sven BECKER, Ludivine Gouny-Doridot, Julien Magne, Michel Canis |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Michèle Nisolle, Morgane Michel | |
| DOI : | 10.70675/a874bfafza4ffz4d73z9443zbbe8a32069f8 |
Mots clés
Résumé
Les algies pelviennes chroniques (APC) sont des phénomènes douloureux persistants localisés dans la région anatomique du pelvis se manifestant principalement par des dysménorrhées (douleurs associées aux règles), fréquentes et intenses ; des dyspareunies (douleurs pendant les rapports sexuels) et des douleurs pelviennes chroniques non menstruelles. Ces symptômes sont particulièrement fréquents chez les femmes jeunes adultes (18 à 25 ans), vulnérables lors de cette période de transition entre l'adolescence et l'âge adulte. Ces jeunes femmes, bien que les plus touchées par les APC, consultent rarement, considérant souvent ces symptômes comme ''normaux''.Parmi les étiologies, l'endométriose occupe une place centrale, avec la dysménorrhée comme symptôme annonciateur présumé. Des interrogations persistent sur l'incidence réelle des nouveaux cas d'endométriose dans cette tranche d'âge, leur parcours de soins et le délai jusqu'au diagnostic. La résolution de ces questions pourrait permettre d'identifier des leviers d'amélioration de la prise en charge des douleurs gynécologiques ainsi que des mesures de prévention primo-secondaire de la maladie endométriosique et des complications médicales et sociétales des symptômes douloureux.L'objectif de ce travail de thèse est de proposer une stratégie de prévention primo-secondaire globale ciblant les femmes jeunes adultes (18-25 ans) souffrant d'APC. Afin d'y parvenir, la prévalence des APC et leurs conséquences en termes de limitation dans la vie quotidienne seront estimés au sein de la cohorte CONSTANCES. Puis l'incidence des nouveaux cas d'endométriose hospitalière (2018-2021) et leur parcours avant l'établissement du diagnostic, notamment le délai et la consommation de soin, sera étudiée au sein des données du Système National des Données de Santé, SNDS. Ces constatations permettront de construire une stratégie de prévention des douleurs gynécologiques.Parmi 6 377 femmes de la cohorte CONSTANCES, 7,5 % présentaient une limitation avec des facteurs significativement associés tels que : l'intensité de la dysménorrhée (OR 1,08 ; IC 95 % [1,04-1,13]) ; la fréquence de la dyspareunie (OR 1,69 à 3,41 ; IC 95 % [1,33-3,88]) ; les douleurs pelviennes chroniques non menstruelles (OR 1,75 ; IC 95 % [1,40-1,59]) ; un IMC > 25 kg/m² (OR 1,45 ; IC 95 % [1,17-1,81]) ; la non-utilisation d'une contraception hormonale (OR 1,29 ; IC 95 % [1,05-1,59]). Un nomogramme est alors construit pour prédire une probabilité de limitation qui, si elle est ≥ 15 %, permet d'identifier une femme probablement en souffrance.Sur 3 024 531 femmes âgées de 18 à 25 ans en France entre 2018 et 2021, on dénombre 9088 nouveaux cas d'endométriose diagnostiqués à l'hôpital, soit un taux d'incidence de 7,5 / 10 000 personnes-années. Le délai médian entre les premiers symptômes et le diagnostic hospitalier est estimé à 8,9 ans (EIQ [6,9-9,8]), sans variation selon l'âge ou le type d'endométriose. Plus l'IRM est retardée plus le diagnostic est fait tardivement.L'endométriose étant peu fréquente dans cette population (moins de 1 %) contrastant avec la fréquence des APC (au moins 20 % de dysménorrhée sévère), la stratégie de traiter en premier lieu les symptômes, sans tenir compte de leur origine (endométriosique ou non) permettrait d'améliorer plus durablement la qualité de vie, c'est l'approche «treat first symptoms». Cette stratégie nécessite un plan en deux étapes : d'abord dépister de façon simple dans la population cible celles qui sont en besoin de soin c'est-à-dire les femmes jeunes adultes souffrant de dysménorrhées invalidantes et ne consultant pas. Une seconde étape doit proposer un parcours de soins (consultation adaptée, traitement, ± imagerie) simple et adapté, faisable à grande échelle, visant à diminuer l'impact des APC et le handicap qui en résulte. Une telle intervention pourrait prendre sa place au sein des structures d'enseignement supérieur permettant de cibler une très large part de notre population d'intérêt.
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