{"paper_id":"e67ce64b-b014-4a5f-9f44-b2a7230c4014","body_text":"E1080  JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 © 2026 AMC Impact Inc. ou ses concédants\nUne femme nullipare de 29  ans s’est présentée au service \nd’urgence en raison d’une exacerbation aiguë de ses douleurs \nchroniques et de sa constipation. Elle a signalé une augmenta ­\ntion progressive de ses douleurs abdominales au cours des \n2 dernières années, ainsi qu’une difficulté à marcher en raison de \ndouleurs intenses dans la fesse et la jambe gauches. Ses antécé ­\ndents médicaux comprenaient une myomectomie par la paro­\ntomie et de l’hypertension. Elle avait récemment immigré au \nCanada depuis l’Afrique subsaharienne, où elle avait subi \nl’intervention chirurgicale susmentionnée. Elle a précisé avoir \ndes cycles menstruels réguliers avec un flux abondant et une \ndysménorrhée intense depuis l’apparition de ses premières \nmens truations. À l’examen abdominal, l’urgentiste a palpé une \nmasse sensible dans la région sus­pubienne. Aucun examen pel ­\nvien ni vaginal n’a été réalisé. L’évaluation de l’amplitude de \nmouvement et de la force des membres inférieurs s’est avérée \ndifficile en raison de la douleur dans la jambe gauche. Le taux \nd’hémoglobine de la patiente était de 107 (intervalle de \nréférence : 115 à 155) g/L, et son taux de créatinine, de 53 (inter ­\nvalle de référence : 49 à 84) µmol/L. Une échographie pel vienne a \nmis en évidence de multiples fibromes, le plus volumineux \nd’entre eux mesurant 5,4 cm × 5,1 cm × 3,9 cm. La patiente a été \nexaminée par le service de gynécologie, qui a posé un diagnostic \nde douleur due à des fibromes utérins dégénératifs. Une hospi ­\ntalisation lui a été proposée, mais sa douleur s’est atténuée sous \nanalgésiques et elle a demandé à rentrer chez elle avec une \nordonnance de médicaments. On lui a prescrit de l’hydro­\nmorphone (comprimés de 1 mg à prendre toutes les 4 à 6 heures \nau besoin, pour un total de 30  comprimés), de l’acide tranex ­\namique (comprimés de 1 g à prendre 3 fois par jour pendant ses \nmenstruations en cas de saignements menstruels abondants), \ndes contraceptifs oraux (0,15  mg de désogestrel et 0,03  mg \nd’éthinylestradiol par jour) et du polyéthylène glycol (17  g par \njour pendant 1 semaine). Elle a par ailleurs été orientée vers un \nservice de gynécologie pour un suivi ambulatoire.\nUn mois plus tard, avant que la patiente n’ait pu assister à son \nsuivi en gynécologie, elle s’est rendue à nouveau au service \nd’urgence en raison de douleurs abdominales intenses, d’une \nhématochézie et d’une perte de poids de 4,5  kg. Son taux \nd’hémoglobine était descendu à 96  g/L, tandis que son taux de \ncréatinine restait inchangé à 53  µmol/L. Un examen pelvien \n(va ginal et au spéculum) effectué par l’équipe de consultation \ngynécologique de garde a mis en évidence une masse cervicale \nirrégulière et friable envahissant la partie postérieure gauche du \nvagin, le septum rectovaginal et la séreuse rectale antérieure. \nUne tomodensitométrie (TDM) de l’abdomen et du pelvis avec \nproduit de contraste intraveineux a révélé un utérus fibrosé volu ­\nmineux, de multiples ganglions lymphatiques pelviens et rétro ­\npéritonéaux solides hypertrophiés, ainsi qu’une importante \nmasse pelvienne mal définie mesurant 8,0 cm × 8,2 cm touchant \nle col de l’utérus, le rectum et la paroi latérale gauche du pelvis. \nLa masse causait une obstruction de l’uretère gauche et, par voie \nde conséquence, une atrophie rénale gauche. Compte tenu de la \nPratique  |  Études de cas\nAtrophie rénale, occlusion intestinale et \ncompression du nerf ischiatique consécutives \nà une endométriose profonde\nSukhbir S. Singh MD, Shauna Duigenan MD, Layli Tanara BSc, Teresa E. Flaxman PhD\nn CMAJ 2026 July 27;198:E1080­6. doi : 10.1503/cmaj.241889­f  \nCitation : Veuillez citer la version originale anglaise, CMAJ 2026 May 11;198:E698­703. doi : 10.1503/cmaj.241889\nVoir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.241889; voir l’éditorial connexe ici : www.cmaj.ca/\nlookup/doi/10.1503/cmaj.260662­f.\nPoints clés\n• L’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de \nprocréer et se caractérise par l’apparition de tissu de type \nendométrial à l’extérieur de l’utérus, ce qui entraîne souvent \ndes douleurs pelviennes invalidantes et l’infertilité.\n• L’endométriose profonde, forme la plus grave d’endométriose, \nse caractérise par l’infiltration de tissu de type endométrial \n(glandes endométriales, stroma et fibrose associée) dans les \ntissus, les organes, la musculature et les nerfs sous­jacents, ce \nqui peut entraîner des lésions irréversibles des organes cibles.\n• Une technique d’imagerie avancée, comprenant une \néchographie réalisée sous la supervision d’une personne \nexperte et une imagerie par résonance magnétique (IRM), est \nrecommandée pour l’endométriose non effractive, l’IRM étant \nprivilégiée pour cartographier les lésions complexes \nd’endométriose avec atteinte extrapelvienne.\nAccès aux soins de santé\n\nPratique\n JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 E1081\ntaille, de la localisation et de l’étendue de la masse, l’hypothèse \nd’un cancer du col de l’utérus avancé a été émise par le service \nde radiologie, qui a recommandé une imagerie par résonance \nmagnétique (IRM) pelvienne pour clarifier le diagnostic.\nUne personne spécialisée en urologie a alors été consultée; \nelle a déterminé que le rein gauche n’était plus fonctionnel en \nraison de l’atrophie rénale et qu’aucune intervention ne per ­\nmettrait d’en rétablir la fonction. L’urologue a recommandé une \néchographie et un dosage de la créatinine sérique annuels afin \nde surveiller le fonctionnement du rein droit et de détecter une \néventuelle hydronéphrose de ce dernier.\nLa patiente a été admise dans notre service d’oncologie \n gynécologique pour évaluer la possibilité d’un cancer du col de \nl’utérus avancé. Nous avons entre autres effectué une IRM avec \nproduit de contraste dynamique (gadolinium), qui a révélé une \nmasse avec de multiples foyers hémorragiques au niveau du col \nde l’utérus, évocatrice d’une endométriose et, bien que peu \nprobable, d’un cancer du col de l’utérus. La masse s’étendait \ndans la grande incisure ischiatique gauche, englobant le nerf \nischiatique, et touchait le muscle piriforme. La patiente a subi \nune sigmoïdoscopie flexible au service de gastroentérologie. Les \nbiopsies prélevées ont permis de confirmer le diagnostic \nd’endométriose profonde (figure  1A). Trois semaines après sa \nsortie de l’hôpital, la patiente a été examinée par notre équipe \nde chirurgie gynécologique non effractive. Nous lui avons pro ­\nposé un traitement médical en attendant une intervention \nchirurgicale. Elle a opté pour un traitement quotidien par pro ­\ngestatif oral (comprimés de 2 mg de diénogest).\nQuatre mois après son admission à l’hôpital, la patiente s’est \nprésentée une nouvelle fois au service d’urgence avec des dou ­\nleurs abdominales intenses accompagnées d’une distension \nabdominale, d’une constipation opiniâtre, de nausées, de \nFigure 1 :  (A) Sigmoïdoscopie flexible montrant une masse volumineuse, charnue et non ulcérée dans le rectum d’une femme de 29  ans atteinte \nd’endométriose profonde. La masse était visible de 8 cm à 14 cm de la marge anale. Elle occupait 30 % à 40 % de la circonférence du rectum, provo ­\nquant un léger rétrécissement luminal, mais aucune obstruction importante. (B) Coloscopie montrant une masse pelvienne volumineuse envahissant \nle rectum, située à environ 3 à 4 cm de la marge anale et mesurant environ 10 cm.\n\nPratique\nE1082  JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 \n vomissements, ainsi que de l’aggravation de son anémie ferriprive \n(taux d’hémoglobine à 66  g/L). Une tomodensitométrie avec \nproduit de contraste rectal a confirmé une occlusion du gros \nintestin. La patiente a été admise en chirurgie générale, où elle a \nsubi d’urgence une iléostomie de dérivation en boucle et reçu une \ntransfusion sanguine.\nUne semaine après sa sortie de l’hôpital, nous avons vu la \npatiente pour un suivi et avons discuté avec elle des options \nthérapeutiques médicales et chirurgicales, compte tenu de la \nprogression de son endométriose profonde malgré le traite ­\nment progestatif. La patiente a demandé un traitement \nn’affectant pas l’utérus afin de préserver sa fertilité. Nous avons \ndonc opté pour un trai tement par agoniste de l’hormone de \nlibération des gonadotrophines (GnRH), soit 11,25 mg d’acétate \nde leuprolide, administré par voie intramusculaire tous les \n3  mois, afin d’obtenir une suppression hormonale complète et \nun soulagement supplémentaire des symptômes. Une colos ­\ncopie réalisée ultérieurement a confirmé une sténose complète \nnon franchissable au niveau du rectum, à 4  cm de la marge \nanale (figure 1B).\nSix mois après la réalisation de l’iléostomie de dérivation en \nboucle, nous avons effectué une IRM pelvienne qui a détecté une \nmasse endométriosique mesurant 7,6  cm  ×  5,4  cm  ×  7,8  cm \n(fi gure  2). Cette masse obstruait complètement l’uretère gauche \nau niveau du trigone vésical, entraînant par là même une hydro­\nnéphrose gauche. L’IRM a également mis en évidence une atteinte \ngrave du rectum inférieur et du vagin jusqu’au périnée, révélant \nune obstruction complète de l’intestin. La masse s’étendait \njusqu’au plancher pelvien, touchant le muscle piriforme et englo­\nbant le nerf ischiatique gauche, ce qui contribuait probablement \naux difficultés persistantes de la patiente à marcher.\nL’évaluation de la maladie et les discussions du cas entre les \nspécialistes en radiologie, en gynécologie, en chirurgie colo­\nrectale et en urologie ont été facilitées par l’utilisation d’un \nmodèle tridimensionnel de l’anatomie de la patiente, créé à par ­\ntir de ses IRM pondérées en T2 et de ses tomodensitométries à \nl’aide des techniques décrites précédemment (figure  3) 1. La \npa tiente et l’équipe soignante ont convenu d’un plan de prise en \ncharge médicale plutôt que chirurgicale, consistant en un suivi \ntous les 3 mois avec notre équipe de gynécologie pour l’adminis­\ntration d’une nouvelle injection d’acétate de leuprolide et l’éva­\nluation des symptômes.\nDouze mois après l’instauration du traitement par acétate de \nleuprolide et 18 mois après sa consultation initiale, la patiente a \nvu ses symptômes intestinaux, ses douleurs et sa difficulté à \nmarcher disparaître. Une autre IRM a été réalisée, montrant une \nréduction de 59  % du volume de la masse endométriosique par \nrapport à avant le traitement par agoniste de la GnRH. Une \nréduction substantielle du volume des fibromes (–43 %) et de \nl’utérus (–52 %) a également été observée (figure  4). L’équipe \nmultidisciplinaire a jugé que la fermeture de la stomie n’était pas \npossible en raison de l’englobement de l’ensemble du rectum \ninférieur jusqu’à la marge anale. La patiente a choisi de pour ­\nsuivre un traitement à long terme par acétate de leuprolide, \nassocié à un traitement hormonal de substitution par voie orale \n(1  mg d’estradiol et 0,5  mg d’acétate de noréthindrone). Après \n3  ans de suivi, elle continue de bénéficier d’un bon effet \nthérapeutique.\nFigure 2 :  Images de résonance magnétique (A) axiale et (B) sagittale pondérée en T2 sans saturation de graisse prises lors du diagnostic \nd’endométriose profonde chez une femme de 29 ans. Les astérisques jaunes indiquent un fibrome fundique dominant. La flèche jaune indique le col de \nl’utérus. Le « U » jaune montre l’emplacement du fond utérin. Les flèches rouges montrent un tissu d’endométriose profonde étendu. Les flèches \nblanches mettent en évidence le tissu glandulaire endométrial dilaté attribuable à l’endométriose profonde.\n\nPratique\n JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 E1083\nDiscussion\nL’endométriose profonde, forme la plus grave d’endométriose, \nse caractérise par l’infiltration de tissu de type endométrial \n(glandes endométriales, stroma et fibrose associée) dans les \n tissus, les organes, la musculature et les nerfs sous­jacents. \nL’endométriose profonde s’infiltre à travers le péritoine à une \nprofondeur supérieure à 5  mm; cependant, les séquelles \nFigure 3 :  Modèle anatomique tridimensionnel de la zone d’intérêt, visualisé dans un environnement de réalité virtuelle. L’endométriose profonde \n(représentée en rouge sous l’appellation « masse avant traitement ») est visible par rapport aux os pelviens (en bleu sarcelle), à l’utérus (en rose translu­\ncide) et à l’uretère gauche (en jaune). L’atrophie du rein gauche est également représentée. Le modèle est aligné sur les images de résonance magné ­\ntique (RM) et de tomodensitométrie (TDM) affichées sur le bureau virtuel. Les os et les reins ont été segmentés à partir des images de TDM et toutes les \nautres structures ont été segmentées à partir des images de RM.\n\nPratique\nE1084  JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 \n cliniquement significatives résultent de la fibrose, qui se forme à \nla suite des cycles chroniques de saignement et de réparation du \ntissu endométriosique2. Au fil du temps, en réponse aux fluctua ­\ntions cycliques des taux d’œstrogènes et de progestérone, on \nobserve une progression des saignements, de l’inflammation et \nde la cicatrisation des lésions endométriosiques qui, en l’absence \nde traitement, peuvent obstruer ou altérer le fonctionnement \ndes organes et des nerfs adjacents2.\nLa prévalence réelle de l’endométriose profonde est proba ­\nblement sous­estimée en raison de la mauvaise compréhension \nde cette affection par les cliniciens et les cliniciennes et de \nl’établissement tardif du diagnostic; on estime toutefois qu’elle \nFigure 4 :  (A) Vues sagittale et postérieure de la masse endométriosique avant traitement (en rouge), montrant une occlusion intestinale (en orange), \nune obstruction de l’uretère gauche (en jaune) et une invasion de la partie postérieure de l’utérus et du col de l’utérus (en rose translucide). Les \nfibromes (en mauve), l’hydrosalpinx (en rose translucide) et les ovaires (en blanc) sont également visualisés. (B) Vues sagittale et postérieure de la \nréduction de 59 % du volume de la masse endométriosique, avant (en rouge) et après (en jaune) 12 mois de traitement par acétate de leuprolide.\n\nPratique\n JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 E1085\ntouche environ 10 % de la patientèle atteinte d’endométriose 3. \nOutre les symptômes les plus fréquemment signalés, à savoir des \ndouleurs pelviennes et des saignements menstruels anormaux 4, \nnotre patiente présentait également une difficulté à marcher due \nà une atteinte du nerf ischiatique, une nécrose rénale unilatérale \net une occlusion intestinale complète. Ces complications, bien \nque rares, doivent être prises en compte chez les personnes \nprésen tant une endométriose soupçonnée ou confirmée. À titre \nd’exemple, l’endométriose des voies urinaires a été décrite \ncomme une entité rare; cependant, une atteinte des voies \n urinaires a été signalée chez la moitié (52,6 %) des personnes \n faisant l’objet d’une prise en charge chirurgicale pour une endo ­\nmétriose profonde5. Presque toute la patientèle atteinte d’endo­\nmétriose des voies urinaires présente une atteinte urétérale, \nlaquelle se manifeste par des symptômes non spécifiques (p. ex., \ndysurie cyclique, hématurie, douleur au flanc et augmentation \nde la fréquence urinaire) 5. Elle peut également être totalement \nasymptomatique, ce qui peut entraîner des complications \ngraves, comme une perte de la fonction rénale due à une sténose \nurétérale6. Ce cas souligne l’importance d’une échographie pel­\nvienne réalisée par un ou une échographiste et interprétée par \nune personne experte en imagerie (radiologue ou gynécologue), \nces personnes ayant été formées pour évaluer systématique ­\nment les voies urinaires et l’appareil reproducteur.\nLes dernières directives canadiennes de pratique clinique ont \nsouligné l’importance de l’échographie pelvienne réalisée sous la \nsupervision d’une personne experte — également appelée « écho­\ngraphie pelvienne avancée »  —  et de l’IRM pour le diagnostic non \neffractif et le suivi de l’endométriose 7. Ces examens doivent être \nréalisés et interprétés par un expert ou une experte en imagerie \n(radiologue ou gynécologue) ayant reçu la formation appropriée \npour établir avec précision la présence d’endométriose ovarienne \nou profonde7. L’échographie pelvienne avancée est préférable à \nl’IRM comme examen initial chez les personnes présentant des \nsymptômes ou des signes évocateurs d’endométriose. Dans une \ndirective clinique de 2024, la Société des obstétriciens et gynéco ­\nlogues du Canada (SOGC) a présenté une description détaillée de \nl’imagerie diagnostique avancée et de l’évaluation de l’endo­\nmétriose7. Les médecins doivent mentionner les symptômes com­\npatibles avec l’endométriose lorsqu’ils ou elles ordonnent un exa­\nmen d’imagerie. En cas de suspicion d’endométriose profonde, \nune imagerie (échographie ou tomodensitométrie) des reins est \négalement recommandée pour exclure l’éventualité d’une \nhydronéphrose. Les cliniciens et cliniciennes doivent ordonner \nune IRM (sans produit de contraste dans un premier temps) si \nl’échographie pelvienne avancée n’est pas réalisable ou offerte, \nainsi que dans les cas où il existe une forte suspicion d’endo­\nmétriomes ovariens ou d’endométriose profonde. L’IRM abdomi­\nnale et pelvienne est également privilégiée pour cartographier les \nlésions complexes s’étendant au­delà de la région pel vienne7. \nComme le souligne la directive canadienne, l’accès à l’échographie \npelvienne avancée pour l’endométriose est actuellement limité au \nCanada. Toutes les personnes du pays qui effectuent des examens \nd’imagerie pelvienne auprès de la patientèle possiblement \natteinte devraient avoir recours à cette échographie7.\nLa directive clinique de la SOGC souligne également que la \nprise en charge de l’endométriose doit être personnalisée et cen­\ntrée sur les priorités de la personne 8. Les considérations relatives \nau plan de soins doivent inclure la prise en charge de la douleur, \nla préservation de la fertilité et la planification familiale. Cela \npeut signifier l’adoption d’une approche thérapeutique multi ­\nmodale et interdisciplinaire pouvant inclure une exérèse, une \nhormonothérapie, des analgésiques et d’autres interventions \nnon pharmacologiques. Cependant, si une endométriose pro ­\nfonde est soupçonnée ou confirmée, il est crucial de diriger les \npersonnes vers des spécia listes en chirurgie non effractive pour \nune évaluation et une prise en charge appropriées, en particulier \nsi les options médicales de première intention se sont avérées \ninefficaces7,8.\nDans le cas de notre patiente, son objectif principal était la \nprise en charge de la douleur. Elle a commencé un traitement par \nle diénogest (un progestatif synthétique), suivi par l’acétate de \nleuprolide (un agoniste de la GnRH). Utilisés en deuxième inten ­\ntion, les agonistes de la GnRH réduisent les taux d’œstrogènes \nsystémiques et inhibent les facteurs favorisant la prolifération de \nl’endométriose, entraînant ainsi une régression de la maladie et \nune suppression des symptômes. Les taux de réponse varient, et \nle traitement provoque des symptômes de ménopause, ce qui \nlimite sa tolérabilité et son innocuité 8. L’association d’agonistes \nde la GnRH à un traitement hormonal consistant en une hor ­\nmonothérapie substitutive à faible dose (généralement des \nœstrogènes, des progestatifs ou les deux) est recommandée \npour minimiser les symptômes vasomoteurs et la perte osseuse \nchez la patientèle nécessitant un traitement à long terme8.\nChez notre patiente, l’endométriose profonde touchait plu­\nsieurs organes et a entraîné une nécrose rénale, une occlusion \nintestinale et des douleurs à la marche. La prise en charge médi ­\ncale a réduit l’ampleur de la maladie, améliorant ainsi les symp ­\ntômes et la qualité de vie de la patiente. La collaboration multi ­\ndisciplinaire et l’utilisation de techniques d’imagerie avancées \nont permis l’adoption d’une approche en équipe pour la planifi ­\ncation des soins et le suivi de la maladie.\nRéférences\n1. Cooke CM, Flaxman TE, La Russa D, et al. Endometriosis imaging: enter the \nmetaverse of possibilities. J Obstet Gynaecol Can 2023;45:309­13.\n2. Gordts S, Koninckx P, Brosens I. Pathogenesis of deep endometriosis. Fertil \nSteril 2017;108:872­885.e1.\n3. Wang MH, Chen JH, Qi XY, et al. Global prevalence of adenomyosis and \nendometriosis: a systematic review and meta­analysis. Reprod Biol Endocrinol  \n2025;23:148.\n4. Ballard K, Lane H, Hudelist G, et al. Can specific pain symptoms help in the \ndiagnosis of endometriosis? A cohort study of women with chronic pelvic pain. \nFertil Steril 2010;94:20­7.\n5. Knabben L, Imboden S, Fellmann B, et al. Urinary tract endometriosis in patients \nwith deep infiltrating endometriosis: prevalence, symptoms, management, and \nproposal for a new clinical classification. Fertil Steril 2015;103:147­52.\n6. Seracchioli R, Mabrouk M, Manuzzi L, et al. Importance of retroperitoneal \nureteric evaluation in cases of deep infiltrating endometriosis. J Minim Invasive \nGynecol 2008;15:435­9.\n7. Singh SS, Allaire C, Al­Nourhji O, et al. Guideline no. 449: diagnosis and impact \nof endometriosis – a Canadian guideline. J Obstet Gynaecol Can 2024;46:102450.\n8. Leyland N, Casper R, Laberge P, et al. Endometriosis: diagnosis and management. \nJ Obstet Gynaecol Can 2010;32:S1­32.\n\nPratique\nE1086  JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 \nIntérêts concurrents :  Sukhbir Singh déclare \navoir obtenu un soutien financier des Insti ­\ntuts de recherche en santé du Ca nada, de la \nFondation PSI, de l’Institut de recherche de \nL’Hôpital d’Ottawa et du fonds Nouvelles \nfrontières en recherche. Il a également col ­\nlaboré avec les sociétés Bayer, AbbVie, Pfizer, \nHologic et Thérapeutique Knight en tant que \nconsultant, conférencier ou chercheur dans \nle cadre d’essais cliniques; il est membre du \nconseil d’administration de la Fibroid Foun ­\ndation et siège au comité consultatif de la \n Wo men’s Health Academy. Sukhbir Singh et \nTeresa Flaxman déclarent avoir obtenu \nun soutien financier du Fonds d’innovation \nde l’Association médicale universitaire de \nL’Hôpital d’Ottawa. Aucun autre intérêt \nconcurrent n’a été déclaré.\nLe présent article a été révisé par des pairs.\nLe consentement de la patiente a été obtenu.\nAffiliations  :  Programme de soins de courte \ndurée (Singh, Flaxman), Programme de recher­\nche de L’Hôpital d’Ottawa; Département \nd’obstétrique et de gynécologie (Singh), Uni ­\nversité d’Ottawa; Département d’ob stétrique, \nde gynécologie et de soins néo natals (Singh), \nL’Hôpital d’Ottawa; Département de radiologie, \nde radio ­ oncologie et de physique médicale \n(Duigenan), Université d’Ottawa; Département \nd’imagerie médicale (Duigenan), L’Hôpital \nd’Ottawa; Faculté de médecine (Tanara, \nFlaxman), Université d’Ottawa, Ottawa, Ont.\nCollaborations :  L’auteur et les autrices ont \ncollaboré à l’élaboration et à la conception \ndu présent travail, ont rédigé l’ébauche du \nmanuscrit, en ont révisé de façon critique le \ncontenu intellectuel important, ont donné \nleur approbation finale à la version prête à \nêtre publiée et assument l’entière respon ­\nsabilité de tous les aspects du travail.\nPropriété intellectuelle du contenu : Il s’agit \nd’un article en libre accès distribué conformé­\nment aux modalités de la licence Creative \nCommons Attribution (CC BY­NC­ND 4.0), qui \npermet l’utilisation, la diffusion et la reproduc­\ntion dans tout médium à la condition que la \npublication originale soit adéquatement citée, \nque l’utilisation se fasse à des fins non com ­\nmerciales (c.­à­d., recherche ou éducation) et \nqu’aucune modification ni adaptation n’y soit \napportée. Voir : https://creativecommons.org/\nlicenses/by­nc­nd/4.0/deed.fr\nTraduction et révision : Équipe Francophonie \nde l’Association médicale canadienne\nCorrespondance :  Sukhbir Singh,  \nsusingh@toh.ca\nLa section Études de cas présente de brefs rapports de cas à partir desquels des leçons claires et pratiques peuvent être tirées. Les rapports portant \nsur des cas typiques de problèmes importants, mais rares, ou sur des cas atypiques importants de problèmes courants sont privilégiés. Chaque \narticle commence par la présentation du cas (500 mots maximum), laquelle est suivie d’une discussion sur l’affection sous­jacente (1000 mots \nmaximum). La soumission d’éléments visuels (p. ex., tableaux des diagnostics différentiels, des caractéristiques cliniques ou de la méthode \ndiagnostique) est encouragée. Le consentement des patients doit impérativement être obtenu pour la publication de leur cas. Renseignements \ndestinés aux auteurs : www.cmaj.ca.","source_license":"CC0","license_restricted":false}