{"paper_id":"d4d7c589-ec44-4161-b804-a6bada3e003b","body_text":"Tout le contenu éditorial du JAMC représente les opinions des auteurs de ce contenu, et ces opinions ne sont pas nécessairement celles de l’Association médicale \ncanadienne et de ses filiales.\nE1096  JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 © 2026 AMC Impact Inc. ou ses concédants\nEn mai 2026, le CMAJ a publié une étude menée par Milne et ses \ncollègues montrant une incidence accrue de malformations con -\ngénitales chez les nourrissons nés de personnes ayant reçu un \ndiagnostic d’endométriose 1. Dans le présent numéro du JAMC, \nSingh et ses collègues présentent un cas dans lequel une per -\nsonne manifeste un dysfonctionnement multiorganique résul -\ntant d’une endométriose grave associée à des douleurs impor -\ntantes perdurant pendant des années 2. Ces articles soulignent la \nnécessité d’un diagnostic précoce, d’un traitement efficace et \nd’une meilleure sensibilisation à l’endométriose en raison de ses \nséquelles potentiellement graves. Cependant, l’endométriose \nreste mal comprise, sous-diagnostiquée et sous-traitée au \nCana da. Une caractéristique déterminante de l’épidémiologie de \nl’endométriose est le diagnostic tardif, le délai d’attente avant la \npose du diagnostic étant généralement de 5 à 10 ans 3. Cela signi-\nfie qu’une personne pourrait endurer des douleurs dévastatrices \nou voir sa vie bouleversée pendant une décennie avant d’obtenir \nle bon diagnostic et de recevoir le traitement approprié. Nous \nexaminons ici les moyens d’améliorer les parcours de soins au \nCanada afin d’établir un accès plus équitable et plus rapide au \ndiagnostic et au traitement de l’endométriose.\nL’endométriose touche environ 5  % à 15  % des personnes \nnées avec un utérus et est associée à des douleurs pelviennes \nchroniques, à l’infertilité, à une altération fonctionnelle et à \nune détresse psychologique, occasionnant ainsi une baisse \n considérable de la qualité de vie et un lourd fardeau socio-\néconomique3,4. Bien que traditionnellement considérée comme \nun problème gynécologique n’affectant que la période de pro -\ncréation, l’endométriose est de plus en plus reconnue comme \nune affection inflammatoire chronique multisystémique qui se \ncaractérise par une grande hétérogénéité en matière de manifes -\ntations, de gravité et de complications associées5.\nLe diagnostic tardif est un problème multifactoriel : la banali -\nsation ou la négligence des symptômes, l’hétérogénéité des \nmanifestations cliniques et l’accès limité à l’imagerie spécia lisée \net à l’expertise gynécologique sont tous des facteurs contribu -\ntifs 6. Dans les cas les plus graves, l’instauration tardive d’un \ntraite ment peut entraîner un dysfonctionnement multi-\norganique, notamment une obstruction urétérale provoquant \nune atrophie rénale et une occlusion intestinale, comme décrit \ndans le cas clinique du présent numéro2.\nAu cours des 2 dernières décennies, les recommandations des \nspécialistes ont mis l’accent sur l’examen laparoscopique et la \nconfirmation histopathologique pour l’établissement du diag -\nnostic d’endométriose; or, recourir à la confirmation chirurgicale \nentraîne des retards et prive la patientèle symptomatique d’un \ntraitement médical efficace. En raison de l’importance accordée \nà la laparoscopie, les médecins de première ligne et les spécia-\nlistes hésitent à poser le diagnostic et à instaurer des traitements \nhormonaux de première intention, ce qui signifie que la patien-\ntèle continue d’endurer des douleurs chroniques, des problèmes \nde fertilité et d’autres problèmes de santé associés à l’endo-\nmétriose7. De plus, la découverte par Milne et ses collègues d’un \nrisque accru de malformations congénitales chez les nourrissons \nde la patientèle atteinte d’endométriose met en évidence une \nautre conséquence potentielle de l’absence de diagnostic et de \ntraitement1.\nIl est important de noter que l’imagerie diagnostique comme \noutil de détection de l’endométriose a considérablement pro -\ngressé ces dernières années. L’échographie pelvienne avancée \npeut être utilisée pour diagnostiquer avec précision l’endo-\nmétriose ovarienne et l’endométriose profonde, lesquelles \nreprésentent les phénotypes les plus graves de la maladie. Bien \nque l’Association canadienne des radiologistes et la Société des \nobstétriciens et gynécologues du Canada aient toutes deux \npu blié des directives décrivant les éléments essentiels de \nl’évaluation échographique de l’endométriose8,9, l’accès à ce type \nd’imagerie est limité à travers le Canada, car son utilisation \nnécessite une expertise et une formation spécialisées. Le cas cli -\nnique susmentionné souligne le rôle crucial de l’imagerie avancée \npour cartographier avec précision l’étendue de la maladie, \néclairer les décisions thérapeutiques et faciliter la planification \nÉditorial\nSouvent tardive et fragmentée, la prise en \ncharge de l’endométriose doit être revue\nOlga Bougie MD MPH, Catherine Varner MD MSc\nn CMAJ 2026 July 27;198:E1096-7. doi : 10.1503/cmaj.260662-f \nCitation : Veuillez citer la version originale anglaise, CMAJ 2026 May 11;198:E707-8. doi : 10.1503/cmaj.260662\nVoir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.260662; voir la recherche connexe (en anglais) au www.\ncmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.250439 et l’étude de cas connexe au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.241889-f\nAccès aux soins de santé\n\nÉditorial\n JAMC  |  27 juillet 2026  |  Volume  198  |  numéro  27 E1097\nchirurgicale2. Les autorités provinciales de la santé doivent prio-\nriser l’imagerie pelvienne avancée et encourager l’accès à celle-ci, \nsurtout pour la patientèle chez qui on soupçonne une endomé-\ntriose profonde.\nAu-delà des difficultés d’accès à l’imagerie au Canada, les per-\nsonnes atteintes d’endométriose ou présentant des symptômes \névocateurs de cette affection font souvent l’objet d’une prise en \ncharge fragmentée entre plusieurs établissements de soins, dont \nles services d’urgence, les soins primaires et les cliniques sur-\nspécialisées, notamment en pédiatrie, en gastroentérologie, en \nurologie et en douleur chronique. Leurs symptômes sont fré-\nquemment minimisés ou ignorés, ce qui contribue à retarder \ntant le diagnostic que les soins, et à susciter la méfiance.\nCompte tenu des contraintes actuelles en matière de prise en \ncharge de l’endométriose  —  notamment l’accès limité à l’ima-\ngerie avancée et aux services chirurgicaux spécialisés, ainsi que \nles temps d’attente prolongés pour ce qui est de l’orientation et \nde l’intervention chirurgicale  —, une approche coordonnée est \nnécessaire pour mieux tirer parti des ressources existantes tout \nen réclamant des améliorations systémiques et en mettant \nl’accent sur des soins fondés sur des données probantes ainsi \nque sur un diagnostic et un traitement rapides et précis.\nNous proposons d’adopter un modèle de communauté de pra-\ntique pour la prise en charge de l’endométriose, dans lequel les \nprestataires de soins primaires sont encouragés à procéder à une \névaluation, à l’établissement d’un diagnostic clinique (non chirur-\ngical), à la mise en place d’un traitement de première intention et \nà l’assurance du suivi thérapeutique pour les cas sans complica -\ntion. Les directives internationales actuelles approuvent les \nrecommandations canadiennes préconisant un diagnostic basé \nsur les symptômes et étayé par un examen clinique et des tests \nd’imagerie afin de réduire les retards dans l’instauration d’un \ntraitement8,9. Une approche pratique adaptée au contexte cana -\ndien a été présentée par Allaire et ses collègues dans leur revue \nclinique publiée dans le JAMC10, et une trousse à outils numérique \na été mise au point par la Société canadienne pour l’avancement \nde l’excellence en gynécologie 11. Les médecins doivent se sentir \nhabilités à poser un diagnostic clinique d’endométriose de \nmanière précoce et sans recourir à une technique effractive.\nDans ce cadre, la patientèle chez laquelle on soupçonne une \npathologie complexe ou à haut risque peut être repérée à un \nstade précoce et orientée vers des centres d’excellence dis -\nposant d’une expertise en chirurgie avancée et ayant accès à des \néquipes pluridisciplinaires. Une intervention chirurgicale pour \nl’endométriose peut être proposée pour son bénéfice thérapeu -\ntique et doit être réalisée par un chirurgien ou une chirurgienne \ngynécologue ayant suivi une formation spécialisée en endomé-\ntriose. Il est toutefois important de noter que la prise en charge \ntotale de l’endométriose ne se limite pas à la chirurgie. La \npatientèle atteinte d’endométriose complexe requiert souvent \nun soutien intégré en matière de fertilité, de santé mentale, de \ndouleur chronique et d’autres affections concomitantes asso -\nciées, ce qui souligne la nécessité de parcours de soins coordon -\nnés et interdisciplinaires.\nL’endométriose est une affection courante, chronique et sou -\nvent invalidante qui reste sous-diagnostiquée et sous-traitée au \nCanada, avec des conséquences qui peuvent être profondes, \nallant de complications se rapportant à la fertilité à une maladie \ngrave touchant plusieurs systèmes. Pour relever ces défis, un \nchangement fondamental vers des soins coordonnés, fondés sur \ndes données probantes et centrés sur la patientèle est néces -\nsaire. Renforcer la collaboration interdisciplinaire, développer la \nformation et les ressources, et donner la priorité à un accès équi -\ntable aux soins sont des mesures essentielles pour améliorer les \nrésultats et rétablir la confiance des personnes atteintes \nd’endométriose.\nRéférences\n 1. Milne B, Velez MP, Shellenberger J, et al. Risk of congenital anomalies \namong infants of patients with endometriosis: a population-based \ncohort study. CMAJ 2026;198:E688-97. \n 2. Singh SS, Duigenan S, Tanara L, et al. Renal atrophy, bowel obstruction, \nand sciatic nerve impingement secondary to deep endometriosis. CMAJ \n2026;198:E698-703. \n 3. Singh S, Soliman AM, Rahal Y, et al. Prevalence, symptomatic burden, and \ndiagnosis of endometriosis in Canada: cross-sectional survey of 30 000 women. \nJ Obstet Gynaecol Can 2020;42:829-38.\n 4. Shafrir AL, Farland LV, Shah DK, et al. Risk for and consequences of endometriosis: \na critical epidemiologic review. Best Pract Res Clin Obstet Gynaecol 2018;51:1-15.\n 5. Kvaskoff M, Mu F, Terry KL, et al. Endometriosis: A high-risk population for \nmajor chronic diseases? Hum Reprod Update 2015;21:500-16.\n 6. Fryer J, Mason-Jones MJ, Woodward A. Understanding diagnostic delay for \nendometriosis: a scoping review using the social-ecological framework. Health \nCare Women Int 2025;46:335-51.\n 7. Dixon S, Evans E, Vincent K, et al. ‘I think it is helpful … I mean it’s not always \nhelpful’ — diagnostic complexity in endometriosis: a qualitative study. Br J Gen \nPract 2025;75:e832-42.\n 8. Al-Arnawoot B, Chang S, Duigenan S, et al. CAR practice statement on \nadvanced pelvic ultrasound for endometriosis. Can Assoc Radiol J  2023;  \n74:643-9.\n 9. Singh SS, Allaire C, Al-Nourhji O, et al. Guideline no. 449: diagnosis and impact \nof endometriosis — a Canadian guideline. J Obstet Gynaecol Can  2024; 46: \n102450.\n10. Allaire C, Bedaiwy MA, Yong PJ. Diagnosis and management of endometriosis. \nCMAJ 2023;195:E363-71.\n11. From reactive to proactive: your endometriosis diagnostic & management tool-\nkit. CanSAGE.org. Accessible ici : https://cansage.org/ecep/ecep-digital-tool  \n-kit/ (consulté le 14 avr. 2026).\nIntérêts concurrents  :  Olga Bougie déclare avoir reçu des hono-\nraires et un soutien financier pour ses frais de déplacement de la part \nd’AbbVie, ainsi que des honoraires de la part de la société Thérapeu-\ntique Knight. Les intérêts concurrents de Catherine  Varner sont \naccessibles à l’adresse www.cmaj.ca/page/staff.\nAffiliations :  Département d’obstétrique et de gynécologie (Bougie), \nUniversity of Toronto; rédactrice adjointe, JAMC, et Département de \nmédecine familiale et communautaire (Varner), University of \nToronto, Toronto, Ont.\nPropriété intellectuelle du contenu : Il s’agit d’un article en libre \naccès distribué conformément aux modalités de la licence Creative \nCommons Attribution (CC BY-NC-ND 4.0), qui permet l’utilisation, la \ndiffusion et la reproduction dans tout médium à la condition que la \npublication originale soit adéquatement citée, que l’utilisation se \nfasse à des fins non commerciales (c.-à-d., recherche ou éducation) \net qu’aucune modification ni adaptation n’y soit apportée. Voir : \nhttps://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/deed.fr \nTraduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médi-\ncale canadienne\nCorrespondance :  Rédaction du JAMC, editorial@cmaj.ca","source_license":"CC0","license_restricted":false}