{"paper_id":"a439723a-b3b3-416c-8a73-6ad66ad6a42f","body_text":"© 2023 AMC Impact Inc. ou ses concédants   JAMC  |  19 juin 2023  |  volume 195  |  numéro 24 E863\nUne femme de 34  ans, en bonne santé, s’est présentée à notre \nclinique de gynécologie pour le traitement d’un polype cervical. \nSes médicaments comprenaient un contraceptif oral et de \nl’ibuprofène en raison de règles abondantes et d’une dysménor-\nrhée de longue date. Elle avait des épisodes occasionnels de \ndyschésie et n’était pas active sexuellement. Ses derniers tests \nPap étaient normaux. L’examen au spéculum a mis en évidence \nde nombreuses lésions polypoïdes dans le fornix vaginal posté-\nrieur droit, qui ne touchaient pas le col de l’utérus (figure 1). Une \nexcision locale large a été effectuée au bloc opératoire, et \nl’examen pathologique a confirmé le diagnostic d’endométriose \npolypoïde vaginale (annexe  1, accessible en anglais au www.\ncmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.220466/tab-related-content).\nL’échographie focalisée a confirmé un utérus antéversé, \nantéfléchi, avec adénomyose diffuse généralisée. Les ovaires \nétaient normaux mais déplacés vers la ligne médiane, en appo-\nsition (kissing ovaries), derrière le col de l’utérus, signe d’endo-\nmétriose grave. Le rectosigmoïde adhérait à la partie posté-\nrieure droite du vagin, où étaient situées les lésions polypoïdes. \nAprès avoir été informée des possibilités de prise en charge de \nl’endométriose, la patiente a choisi de remplacer le contraceptif \noral associant du lévonorgestrel et 30 µg d’éthinylœstradiol par \nun autre médicament composé d’acétate de noréthindrone et \nd’une dose moindre d’éthinylœstradiol (10 µg) pour induire une \nsuppression hormonale ciblant l’endométriose. Les symptômes \nont diminué sensiblement.\nL’endométriose consiste en la présence de glandes et de \nstroma pseudo-endométriaux à l’extérieur de la cavité utérine. \nElle est associée à des douleurs pelviennes et à l’infertilité, et se \ndéveloppe chez 10 %–15 % des femmes en âge de procréer 1. \nL’endométriose polypoïde, forme rare de cette maladie, se \nmanifeste généralement sur le côlon et les ovaires, parfois dans \nle vagin, sous forme de grosses masses polypoïdes; on soup-\nçonne généralement un cancer avant l’examen histologique 2. \nLe symptôme le plus fréquent de l’endométriose polypoïde \nvaginale est la présence de taches post-coïtales, qui vont par-\nfois jusqu’à l’hémorragie3.\nLes différents traitements de l’endométriose polypoïde vagi-\nnale, comparables à ceux de l’endométriose pelvienne, sont \naxés sur le soulagement des symptômes à l’aide de traitements \nde suppression œstrogéniques ou progestatifs. Par exemple, \nnous avons prescrit de l’acétate de noréthindrone, un progesta-\ntif relativement androgène, à noyau «  œstrane  », qui s’avère \nefficace dans la diminution de la douleur liée à l’endométriose 1. \nL’association d’éthinylœstradiol à faible dose et d’acétate de \nnoréthindrone, utilisée dans le présent cas, est idéale pour \nréduire la stimulation des lésions endométrioïdes riches en \noestrogène 1. Les lésions polypoïdes vaginales sont parfois liées \nà l’endométriose profonde, qui touche les structures pel-\nviennes, les intestins et le vagin. Une orientation vers une \nchirurgienne ou un chirurgien spécialiste de la maladie devrait \nêtre envisagée en cas d’échec de la prise en charge médicale.\nPratique  |  Images cliniques\nEndométriose polypoïde vaginale\nMonique Marguerie MSc MD, Jenika Howell MD, Liane Belland MD\nn Citation : CMAJ 2023 May 1;195:E620-1. doi : 10.1503/cmaj.220466-f\nVoir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.220466\nFigure 1 : Photographie d’une endométriose polypoïde vaginale (flèches), \nvisualisée à l’examen au spéculum, chez une femme de 34 ans.\n\nPratique\nE864 JAMC  |  19 juin 2023  |  volume 195  |  numéro 24 \nRéférences\n1. Dunselman GA, Vermeulen N, Becker C, et al. ESHRE guideline: management of \nwoman with endometriosis. Hum Reprod 2014;29:400-12.\n2. Parker RL, Dadmanesh F, Young RH, et al. Polypoid endometriosis: a clinico -\npathologic analysis of 24 cases and a review of the literature. Am J Surg Pathol \n2004;28:285-97.\n3. Ling R, Hontau J, Yang Y, et al. Polypoid endometriosis of the rectum and \nvagina in an adolescent. J Pediatr Adolesc Gynecol 2020;33:581-5.\nIntérêts concurrents  : Liane Belland déclare avoir reçu des hono-\nraires d’AbbVie, d’Olympus, de Pfizer et de Seaford Pharmaceuticals \nainsi que des honoraires pour sa participation à des comités consul-\ntatifs pour AbbVie. Elle est présidente de la Société canadienne pour \nl’avancement de l’excellence en gynécologie et membre d’EndoACT. \nAucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.\nCet article a été révisé par des pairs.\nLes auteures ont obtenu le consentement de la patiente.\nAffiliations  : Département d’obstétrique et de gynécologie \n (Marguerie), Université de Calgary; Département de pathologie \net de médecine de laboratoire (Howell), Alberta Precision Labs/\nAlberta Health Services; Division de chirurgie gynécologique à \neffraction minimale, Département d’obstétrique et de gynécolo-\ngie (Belland), Université de Calgary, Calgary, Alb.\nPropriété intellectuelle du contenu : Il s’agit d’un article en libre \naccès distribué conformément aux modalités de la licence Creative \nCommons Attribution (CC BY-NC-ND 4,0), qui permet l’utilisation, la \ndiffusion et la reproduction dans tout médium à la condition que la \npublication originale soit adéquatement citée, que l’utilisation se \nfasse à des fins non commerciales (c.-à-d., recherche ou éducation) \net qu’aucune modification ni adaptation n’y soit apportée. Voir : \nhttps://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/deed.fr\nCorrespondance : Monique Marguerie,  \nmonique.marguerie@albertahealthservices.ca","source_license":"CC0","license_restricted":false}